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Le Congres des Bêtes.

propres intérêts , & fa confervation en danger? car sil arrivoit que le L ion , ou appelions le \'Ane, fuccombat fous fon fardeau, pour avoir été trop vîte,combieÆnefaudroit-il point de Tems au Conducteur pour le relever. Mais cela ne nous regarde pas , à prêtent nous devons ne fouhaiter du bien quà nos Alliés* Que pen- fent-ils à votre avis ?

Le Sanglier . Les belles Paroles ne font pas cheres ? & Vous favez que le Renard nen eft pas chiche. Le Léopard quoique dun naturel plus retervé, ne fait pas moins dorer la pilule; & en effet jignore encore sil a parlé pour vous, ou pour moi dans le dernieres proportions quil a faites au L ion 4

Le Blaireau. Ah, voifin! Quand nôtis * qui fommes moins fores que les autres,ferons-nous plus prudens & maurons-nous attention quà nos pro­pres 8c uhiqties affaires ? Si nous fommes Alliés avec le plus forts * y a-t-il efpérance de rendre notre état plus heureux? sils réufîiilentj il fe­ra à leur choix ou de tenit ou de ne pas tenir leur parole ; & fi au contraire ils ne réuffifTent pas , nous fommes fûrs quils nous facrifieront pour obtenir à leur profit quelque Condition raifonnable de Paix. LIdée que j 'ai dePhonneur & de Pamitiède nos Alliés d'aujourdhui eft telle que je me jecterois moi même aux pieds du Lion pour obtenir fa proce&ion , Sil naVoit pas été Métamorpbofé comme il left en lAne, qui eft une animal irréfolu, fournis & Idiot. Miféri* corde! y a t-il quelquechofedont on doivemoitié efpérer que de la réconciliation entre le Léopard

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