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Le Congres des Bêtes,

SCÈNE lî*

Lé Sanglier éftropié entre.

Le Sanglier * Blairéaü, mon voifin, je me trai- iie ici pour concerter entre vous & moi com­ment nous devohs nous conduire demain aux Conférences générales. Je me fuis livré au Re- nard & au Léopard fans trop favoir ce que je faifois i non pas que j’eulle grande opinion d’eux, mais parce que j’en avois une plus maü- vaife de la Ligreffe & du Loup > qui font extrê­mement faüvages & voraces*

Le Blaireau. Ne voyez- s vous pas les marqués de leur fe'rocitë & de leur voracité. Mais quoi­qu’ils foient â prefent chez vous, vous êtes sût qu’en joignant vos forces avec celles de Votre Allié le ChcVal vous les amènerez à la raifon* LeSanglier, Je l’efpere auffi ; & avant qu’on fît des proportions, j’ai en dernier lieu dépêché Un Miniftre à la Cour du Lion *

Le Blaireau. Si vous aviez appelle la Cour de \Ane vous auriez réulli, fi l’on en doit croiré ce qu’on dit*

Le Sanglier . On parle ici publiquement de thàngemens qui font plus d’honneur au Cheval qu’au Jjp«*

Le Blaireau,. Certes, je ne fçais quel eft celui qui mérite d’être le plus honoré, ou du Tuteur* ou du Pupil. Le dernier eft allez imbécile pour fe(Tet de faire ufage de fa Capacité & de fon in* êelligeftcè, & pour réfigner fon pouvoir. Mais l’autre ne fait-il pas trop éclater fa folie en ex­igeant fon pouvoir d’une façon à mettre ces

pro«