20 Le Congrès des Bêtes*

de tels cris, qu'il rcveilleroit toutes les Bétes de la Foret, & les feroit agir contre moi, comme a fait une femelle de fa race il n’y a pas encore longtems. J’ai examiné de fort près ce Whelp , Je ne l'aime poiht. il eft trop penfiF ; & je le trouve trop recherchant pour fouhaiter qu’il de* vienne mort voifin. il pourroit bien fe lou venir d’un Vieux tour , & cela à mon Dommage*

Non nort, j’aime mieux ce petit Bidet pour mon argent, pourvu qu’il mène l 'Âne.

La Loutre pourquoi vous liez - vous tant avec le Whelp ; puisque dans le fond vous n’avez pas defTein de prendre part â fes interets.

Le Rènard. Pourquoi, vous & avez vous engagé l’Ours à fe mettre à de fi grands frais en chemin pendant la rigueur de l’hiver ?

La Loutre * Pour pouvoir vous faire face pen­dant l’été.

Le Renard. Discours que tout cela — Vous Pa­viez bien que VOurs n’étoit pas en état de vous aider après un voyage aufli long , quand bien même le Singe lui auroic permis d’aller en avant» Mais vous avez penfe qu’il pouvoit contribuer à me‘faire peur & à me jetter dans l’embarras. Vous favez ce que je penfe du Whelp—V&t bleu ! Comment fe conduifent vos Alliés |

La Loutre, Il ne faut pas qu’ils nous voyent enlèmble, s’ils nous favoient en fi bonne intel­ligence > ils feroient aufli inquiets qu’un poulet le feroit s’il te voyoit, — Porte toi bien î aide moi feulement à faire tomber celui qui m’in­commode tant depuis peu > 8c je ietai ta meil­leure amie» (La Loutre fort.)