le Congres des Bêtes* i $

ï.e Cheval. Mais jai trouvé bien vite le fecret de venir à bouc de fon efprit intraitable. le Renard * Et Comment ? le CheVal * En me faifant des Cre'atüres dans fon corps*

Le Renard . Je vous ehtens. Que les Politi­ques du tems pafTé étoient peu capables 1

le Cheval . Ce nécoic que des Idiots. On peut conduire des troupeaux entiers, quand on fait di­riger leur caractère. Mais voici jexcelle, Mr. le Renard* jétudie les tnouvemens du coeur de celui dont je veux me fervir , & je les connois fi parfaitement que je puis les conduire à mes fins* & les rendre leurs propres Corrupteurs.

Le Renard. Ils fe nojent d'eux mêmes * je fais que cela eft commun parmi eux; mais quils fe corrompent eux mêmes * ceft ce qui me fur- prend.

le Cheval. Par bleu, Mr. le Renard , qui vous auroit cru fi dur à comprendre? Eft-ce quil neft pas facile de concevoir quune petite poignée > inftruite par les autres, peut être perfuadée quils peuvent tous avoir part au gateau.

Le Renard. Vous regardez cela comme corrup­tion de foi même, quand elle provient naturelle­ment de la féduftion.

; le Cheval. Affinement. Eft*ce autre chofeque que donner dune main & recevoir de lautre ?

le Renard. Mais jamais cela ne manque t-il? âh? La forte Compagnie?

le Cheval . il y a tant de Muficièns, vous pouvez bien croire que jen fais jouer une partie a mon