Le Renard. U mord déjà à lhameçon, (à part') Ce Tant toutes fau.Jetés, mais la calomnie Ôc, la vérité ne marchent pas enfemble*

Le Cheval. Vérité, ou Calomnie, je men mo­que, Je voudrois bien favoir ce que le Diable auroit inventé contre moi.

Le Renard . Excufez, je vous prie, je ne fuis pas de ces gens - , moi qui vous eftime & vous aime tant que je courrerois toutes fortes de risques pour conferver vos jours.

Le Cheval , Courir des risques pour ma vie î Comment cela ?

Le Renard . Hélas, Monfieur, vous ne réfle- chiflez pas aux conféquences. Tout Philolophç que vous avez été , vous navez pu arrêter le cours de vos pallions. Et toutes les Calentures., (fièvre brûlante > maladie à laquelle les mari­niers font fujets , dans laquelle ils simaginent que la mer elt un champ plein de belles verdu­res, & dans laquelle ils fes jetteroiont, fi on ne les en empechoitj ne proviennent pas, vous en conviendrez, de la fermentation des fluides dans ie corps?

Le ChevaL Je ne doute pas que vous ne vous interreffiez à ma confervation , mais dans cette cccafion , cela eft tout à fait fuperflu. Je fuis tranquille & je demeurerai tel , quelque dis­cours quon ait tenu.

Le Renard , Jefpere que non. (a part) îl eft naturel dattendre & foufrîr du mal de fes enne­mis. Mais non de fe voir trahi par fes amis; de voir attaquer par des gens qui devroiene

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