4, Le Congrès des Bêtes#
Le Renard . Point du tout » c’eft une afairè bien avancée. Le L ton n’eft plus que l’ombre dé ce qu’il étoit. Il a trop compté fur Tes forces, & femblable à un fou, il les a employées inutilement, fans y penlèr & fans réflexion , & il auroit eu un pied dans la folle fans nos malheurs qui lui ont valu des confortatifs.
Le Léopard. Ou bien il fe feroit pendu. Ah ! Quel pouvoir notre négligence né lui a-t-elle pas donné fur Mer !
Le Renard. Ruinons fes Alliés par terre, 61 nous aurons allez le tems de le culbuter fur cet Elément qui eft aullî inconftant que lui. Là Tigreffe 6c le loup ont autant manqué de politique que le Lion, les premiers en carreflant trop fort le Lion y 6c celui ~ ci en faifant la folie dè leur donner-fon néceflaire. Il auroient du II bien faire ufage de leurs forces que dans ùn autre tems il eut pu être en état d’arrêter les progrès d’une invafion. Mais loin de là ils lui ont tellement fait fuporter le fardeau de la guerré tant en lui faifant fournir fes troupes que par des fubfides, qu’ils iront à l’avenir au Diable, avant qu’il faflè un pas pour les fauver* G’eft pourquoi, je le répété donnez au Loup plus qu’il ne demande, faites en forte qu’il rompe avec la Tigrejfe, 6c notre ouvrage eft fini. Voilà à peu près le tems que ie Cheval vient faire fon petit déjeuner pour manger l’herbe fraîche, permettez moi de le mettre dans nos intérêts, pendant que vous travaillerez avec le Loup ,6c que vous Raterez le Lion de pouvoir vous détacher de mon
allian-