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FRANGE.
Pauis , g février.
Le yO’i'ei r.ement espagnol vient en effet de reeonnoît re «ne delt'de millions envers la France 5 mais il q’est pas vrai qu’il ait j^cié au paiement de^ cette dette aucuns produits ou revenus pu- ddics de l’Espagne. C’est une simple reconno'taance sans hypothèque , sans même aucune indication de moyens de paiement dans 1 avenir. 1
Quand tous les détails de notre intervention dans les affaires d hspagne seront connus , que la convention pour le séjour de. nos troupes aura étç signée et portée à la eonnoissanoe du publie, on verra d’après quel principe de générosité la France a agi dans celte mémorable entreprise.
Hier, à quatre heures et demie, le Roi a travaillé avec iVi. -u vicomte <le Cîhateubr and , ministre des affaires étrangères.
Aujourd’hui, avant la messe, S. M. a repu en audience particulière M. le lieutenant-général comte de Villate , M. le lieutenant- général vicomte Reiset, M. Hay et M. Rousseau, présidens de ^colleges électoraux , ainsi que MM. les officiers du 6* léger, et des r°. G*' et 38 e de ligne , formant la garnison de Paris.
A une heure . le Roi a repu les hommes.
Dans l'après-midi, S. M. a travaillé avec M. le président «lu congé ! 1 des ministres.
Le Roi n’est pas sorti.
A huit heures du soir, S. M.a reçu les dames.
8. A. H. M‘ n “ la duchesse de Berry partira samedi »4 pour Rosny.
— Les ministres se sont réunis hier en conseil chez, M. le garde des sceaux. S. G. est presque entièrement rétablie de son indisposition. On espère qu’elle assistera mercredi prochain au conseil chez le Roi.
— AloKsia de Stoîberg , 'comtesse d’Albany , veuve du prince Charles-Edouard (le Prétendant) est morte à Florence le 2g janvier dernier. Nous consacrerons plus tard une notice à cette femme, l’une des plus distinguées de l’énoqua dans laquelle elle a vécu.
— S. A. le prince de Hohenlohe - Schillingsliirst est mort à Lucerne le 21 janvier, à l’age de 81 ans.
— M» le marquis de Rivière, capitaine des gardes de S. A, R, Mo’vMtUR . a pris hier congé de S. M. 11 se rend à Cnâteauroux (Indre), pour y présider le collège électoral.
— M. de Gahriae, premier secrétaire de légation près la cour d’Espagne, est nommé ministre plénipotentiaire à Stockholm. Il est arrivé hier à Paris.
— M. de Barive , qui a eu l’honneur de commander le détache- -mejnt • d’dlite chargé du service près la personne de
r 5 Ta. R. M* r le frie d’Angoulême en Espagne, et qui a été nommé à Madrid capitaine dans ce beau corps, vient d’être autorisé par le Prince généralissime à porter la croix d’or de Saint-Ferdinand de première classe.
— Le Roi a daigné commuer en deux ans de détention , à compter de in date des lettres de grâce, la peine de cinq années de travaux forcés . prononcée par le 2 e conseil de guerre de la g° division du 4 * corps de l’armée des Pyrénées, contre les nommés Jean Abeille et Jacques Espinard , conducteurs de mulets de bât. Ces condamnés, qui se trouvent en ce moment dans les prisons de Perpignan , Von* être transférés à Montpellier pour être présens à l’entérinement de leurs lettres de gratte devant la Cour royale.
— On nous mande d’Orléans, le 2 février 1824 :
« Depuis le u 3 décembre jusqu'au 3g janvier, nous avons vu arriver successivement dans nos murs les cuirassiers d’Orléans, le bataillon de guerfè.lhi G*' ré.*iment d infanterie de la garde , le 6*“ léger , les 7“, 8 1- et 53 I 'dé*'îïgne, les hussards du Jura, et enfin les dragons de la Gironde, 4 “ de l'arme.
» Tous eesy OI P s oui été reçus avec 1 enthousiasme bien mérité qu’inspirent es biaves delà Corogue, du Clos , et de farregoue , de Vieil , de Eifca, de Jaéu, de Campillo et du Trocadero. L'hommage rendu ii lu jravoure par la fidélité reconnoissante , a paru flatter les héroïques compagnons d’armes des illustres chefs guidés par 1 immortel paiacbe de Henri IV. La voûte de drapeaux , de lis couronnés de laurier > sous laquelle ils ont défilé ; la garde nationale , sa musique eu tète, ouvrant toujours la marche; l'empressement des autorités à se renlre toujours au devant d’eux pour les complimenter, quelle que fût l’intempérie de la saison ; la salle de l’Hôtel-de-Yille, décorée d’emblèmes militaires, et d’un riche trophée placé en lace du buste de S. M. Louis XVIII, et dans laquelle tous les officiers de chacun de ces corps ont été invités à des repas aussi éîégans que somptueux ; la franche gaîté qui a régné dans tous ces repas ; de* couplets chantés , qui ont prouvé à ces braves que leurs faits d’arme 3 étoieut inscrits aux cœurs des Orléanais, connue ils le seront aux fastes de l’histoire; toutes ces circonstances enfin ont excité leur sensibilité qu ils ont témoignée à plusieurs reprises. L’amour du Roi , du Prince généralissime et de toute l'auguste Famille des Bourbons , s est signalé r'* •'k s lo:isls le» plu.-, vifs. A. chaque passage la ville a fait faire des distribution;». «( avoir assigné aux officiers, sous-officiers et soldats, des places à la salle de spectacl , élégamment décorée de lauriers et d emlilam ns qui l e s. prinyipapx faits de l’armée.
» Nous parlerons avec le même plaisir tTfi rèpâs'splendide donné par les deux bataillons «in 5 e de la gaule royale au bataillon deguerr» du meme corps. Dix-huit cents hommes ont dîné dans le local de la Bourse, où se sont rendues les autorités delà viilequi y ont été reçue* par MM. les officiers, et qui se sont jointes à tous ces braves pour porter la santé du Boi et de sou auguste Famille.
« Le lendemain , MM. les officiers de ces deux mêmes bataillons ont offert à leurs camarades, à l’iiôtel de la mairie, nu banquet somptueux auquel avoient été invités tous les fonctionnaires publics. Rien de plus séduisant., de plus aimable que cette fête de famille où tout avoit été ptévu , et qui s est terminée parles toasts si chers à tous les bons Français. Pendant le repas, nue musique délicieuse s’est fait entoudre et a accompagné des «ouplets pleins de verve, faits par un capital m* «le ce régiment. »
VARIETES.
Entretiens sur le Magnétisme animal elle Sommeil magnétique ,
dit Somnambulisme , dévoilant celle double doctrine , et pouvant
servir à en porter un jugement raisonné (t).
A lieu de inagnéliser mes lecteurs, et peut-être de les endormiF, je de vois les entretenir de Machiavel, «pii auroit su les tenir éveillés. Mais plusieurs motifs me font différer de quelques jours le compte que je dois rendre d’une nouvelle traduction des Œuvres complètes du publiciste Florentin (2). De tout ce qu’a écrit ce fameux secrétaire de la république de Florence , je ne eonnoissois que le livre du Prince ci les Discours sur la première décade de 7 ’ite- Lice ; niai* ce n’est pas seulement l’obligation de lire qui ine fait retarder mon examen. Machiavel a une si mauvaise réputation , que son nom sejrt à désigner la fourberie politique. Un grand roi a cru devoir s’indigner publiquement contre le livre du Prince , et présenter son au- lenr comme un précepteur de crimes : Je dois donc bien m'observer dans ce que je me propose de dire sur cet ouvrage célèbre el mal connu , car j’avoue que je ne partage en rien l’opinion écrite \\u grand Frédéric; à cet égard.
Un journal qui a le malheur de prospérer, a l’honneur d’êtr* envié . et il est en butte aux traits de quelques rivaux , fort honnête» gens d’ailleurs, «pii font tous leurs efforts pour devenir aussi de*
(1) Un vol. in 8”. Prix : 6 fr., <;l 7 fr. Go par la poste.
Ciiez Deschamps, libraire, rue Maint-Jacques, n» 1G0;
Chez le Normaul, libraire , rue «le Soiue, n° 8 , et chez IN. Piebard, quai Conti , 11" 5 .
pi) OEuvres complètes de Machiavel , par J. Y. Périès. V o). ï, If, III et IV.
Chez Micliaud, place des Victoires, n" 3 ;
Chez le formant, libraire ru* de Seiue, u° î ; et chez. N. PmjImitiÎ, quai de Conti, n" &.
se servît qu’avec la plus grande réserve de ces expressions nouvelles que les vieux Céthégus n entendaient pas ; non exaudita Ceifugis, et ce conseil qu’il donnoit aux poêles «le son temps, nous devons le répéter aux nôtres. Une fois l’abus introduit, on ne prévoit pas où il pourroit s’arrêter. Une espèce de mysticisme littéraire, entendu seulement d’un petit nombre d’adeptes , remplaceroilles belles inspirations de Racine el de Chateaubriand; les tours los plus inusités, les images les plus incohérentes , les inversions les plus étranges, nous seroient offerts comme des exemples de sublime , et notre poésie , tout enveloppée de brouillards plus épais que ceux d’Ossian , ne Seroit plus qu’un édiange d’énigmes que nos OEdipes le* plus intrépides se lasscroienl bientôt de deviner.
Ces réflexions ne sont point applicables au brillant recueil que nous annonçons, et M. Guiraud a su se préserver des bizarreries déplorables dans lesquelles on accuse notre littérature de vouloir se laisser entraîner; il a su éviter .aussi celte monotonie de tons et de couleurs qui rend si fatigante la lecture des vers français. D s odes sur la délivrance de l’Espagne et d- fa Grèce , des élégies sur le départ du jeune Isiuaël et des petits Savoyards, des chants d'amour et des hymnes de prière, jettent dans son ouvrage la plus heureuse variété. M. Gui ratid conduit son lecteur desThermopy les aux rochers de Meilleraie et du château de Hartvvel duus le temple de la Victoire. Il 1 éveille dans la grotte de Saint-Jérôme cette voix inspirée qui faisoit autrefois retentir los échos de la ïliéhaide , et il retrouve sur le promontoire de Lcucade la lyre oubliée de Sa; ho ; mais c’est surtout dans la peinture des souilrances de cœur que l’auteur des Machibées se montre avec tous ses avantages ; I«;s femmes liront avidement le poëme «1 hume et le chant d’amour intitule : Mourons , parce qu’elles y retrouveront l’histoire de leur propres seulinions. Nous apportons toujours un peu d’égoïsme jusque* dans l’expression de notre sensibilité , et nous
aimons a détourner vers nos propres infortunes quelques unes de* larmes que les malheurs d’autrui nous font répandre.
Nous 11e citerons rien des Elégies savoyardes dédiées à M ro ® la comtesse d’Hilliers , qui sont entre les mains de tout le monde , et dont le produit a été consacré â une œuvre touchante de charité ; mai» nous transcrirons avec plaisir quelques passages de la notice qui 1<3® précède.
Voici comment M. Guiraud peint l’arrivée des petits Savoyards:
u A la suite des srfvans, des hommes du siècle , des pnissans de la » terre, que l’Europe mande à Paris avec une sorte de pompe , arrivent » les mendians d Auvergne et de la Savoie, comme les représenta»» d* » la misère publique et de la simplicité, des mœurs. La , indépendant* n meut de 1 ordre suprême qui ies y appelle, leur présence «levieut » d’une liante utilité morale, i.e riche les tiouvecouchés sur sa porte » comme un avertissement que la Providence lui donne que tous ne » sont pas riches comme lui. L’homme coupable , qui promène d«n* « les lieux publics un cœur flétri par des vices, ou désespéré par la » satiété des plaisirs . l«'s entend chanter à ses côtés , et n ose les re- » garder de peut de leur porter envie. Attroupés autour de toutes le» » joies, mêlés à toutes les pompes, employés â tous les services, eu » même temps qu ils sont les inslrnuiens des desseins de Dieu sur les » homm s , ils servent de manifestation par leur existence presqno » miraculeuse, â cet ordre éternel qu’il a établi, et «pie lui meme » nous a révélé en nous disant : que les en (ans des hommes ne seroient » pas délaissés par celui qui nourrit les petits oiseaux. »
On ne sauroil trop louer la simplicité d’un pareil style , et celte page semble extraite des Elude* de lu Nature , ou de ta Chaumière indienne. En général , la bienfaisance est. une muse qui inspire très bien M. G uiraud . et on rencontre , dans une pièce intitulée VAumAue^ «les stances telles que celles ci :