00 Le Congres des Betes.
joue ; mais à préfent le férieux conviendroit mieux à la fituation de nos affaires.
Le Singe » A quoi ce Benet feroit - il bon ?
(à part .)
L 'Ane, Mr* le Singe . Il y a eu depuis peu entre vous & moi un rérroidiflement auquel je n’ai pas, comme vous favez, donné fujet.
Le Singe . Non ! Monficur , on dit que les grands esfprits n’ont pas grande Mémoire* Si je me trompe , vous avez beaucoup de Talent pour la divifion . N’eft-cepas votre fait de vendre la peau de l’Ours avant qu’il foit mort ? Hé, hé* •
VAne * Ayez agréable d’être laconique. Mais l’Etat préfent des afaires, & en particulier de la Religion exige que vous & vos amis donniez fur l’ennemi.
Le Singe. Religion , Monfieur ! De quelle Religion fuis - je vous prie ?
VAne. De celle qui eft claire & nette.
Le Singe. Religion de gens qui gouvernent, eux qui n’ent ont pas plus que les Princefles jusqu’à ce qu’on les marie, mais qui font toutes Ipretes de prendre celle qui s’accordera avec leurs intérêts. N’avez - vous pas oui dire que je bâtis dans ma Capitale un temple pour des Singes ?
VAne. Oui, & j’en ferois fâché.
Le Singe. J’ai été alfez avifé pour tolerer toutes les Religions, afin de rendre le Public heureux