ï o Le Congres des Bêtes»

eft le plus orgueilleux du monde; & qui aucon- traire dans l’indigence eft le plus humilie de tous»

Le Cheval . Je m’aperçois bien que vous êtes au fait de la conftitution du Lion » Le Loup vorace auffibien que l’avare Loutre, n’ont pas moins, je le fupofe, fait ufage de ma bonne volonté, que l’in­grate ôc la prodigue Tigreffe »

Le Renard » En vérité c’eft un beau retour pour de h grandes dépenfes, & de fi grands rifques, que de dire, que vous étiez un mal adroit> un brouillon, un ignorant, infatué de vous même, & ungrojjier Butor, qui fe donne des airs infuppor - tables, depuis qu'il a levé le fouet fur le généreux Lion quil écorche inhumainement , & qu'il contraint d'être avare envers tout le refie du monde.

Le Cheval » A la vérité le pauvre Lion eft écor­ché; mais n’a - ce pas été pour fecourir ces mi» férables , qu’il eft devenu l’ombre de ce qu’il étoit?

Le Renard » Si vous voyez comme il tire la langue. Mais que je ne leurfaile pas tort du mé­rite qu’ils ont acquis en faifant une découverte qu’ils prennent grand foin de rendre publique pour fortifier votre Crédit*

Le Cheval. Qu’eft-ce que c’eft?

Le Renard. Qu’ils appetçoivent que le Lion eft métamorphofé en Anes & qu'il faut que telle cho- fe foit arrivée par votre forcellerie ; & qu'à préfent il n’a plus rien de la nsblejfe de cette créature, que la peau, dont vous ne le couvrez, que par décence.

Le Cheval. Infupportabief fooffrirai'je cela des

Créa-