ees anneaux on peut faire de I eau magnétisme , et avee cette «an un- pregnéeéu fi“'de ethéréet universel , on peut opérer une révolu-
*ion.Comment une révolution ? Oui, Messieurs.* une révolution
politique et generale , tomme je vais vous le prouver; mais il faut que je reprenne les choses d'un pu plus haut.
A chaque réapparition du magnétisme, on J'apercevoil toujours qu’il avoit fait de nouveaux progrès. Mesmer ne l’avoit d'abord présenté que comme un remède à tous les maux, et cétoit un remède en effet; car, à chaque décès d’un personnage considérable . on npprenoit que le défunt étoit mort, guéri de sa goutte, de sa phthisie, de son hydrothorax ou de son catarrhe. A la seconde résurrection, le somnambulisme devint l'auxiliaire du magnétisme, et ini faire des miracles : on uuignétisoit une jeune fille, malade par défaut ou par exees de santé; elle tomboit en somnambulisme et dans cet étal, elle voyoit à travers les murailles a Ceo distances immenses; elle voyoit. aussi l’intérieur des Corps les plus cou,j.^ etes cl les innombrables détails de l'organisation humaine. Alors on lui présentent un autre malade, et on lui demandoit quelle étoit la ■nature et la cause de 1 affection dont ce malade se piaignoit. La somnambule , ayant les yeux bien fermés pour y mieux voir, regar- doit attentivement les muscles, les nerfs, les vaisseaux, les intestins. les viscères du malade, et. disoit c’est le sang , ou la hile, ou la lymphe, ou le poumon, ou le diaphragme, ou le pancréas, ou le duodénum , ou l’iléon, etc..., qui peclie dans ce sujet. Et que ces mots ne nous étonnent point ; des que l’on tombe en somnambulisme, on sait tout à coup la chimie, la physique , l’anatomie , la physiologie, la médecine et le latin. Je dis lè'latin seulement, et non pas toutes les langues , car je me souviens qu’une paysanne somnambule , qui dissenoit tort bien sur le canal qui conduit la bile dans Je duodénum , ne put jamais nommer Vc cholédoque, ce qui prouve que le magnétisme est un enseignement mutuel pour le
latin , mais non pus pour !e gree.
Ihmscette seconde période , on vil encore de véritables médecins piofesser la doctine du somnambulisme, et chacun de ces docteurs avoit sa somnambule attitrée , U la consulloil et exécutoit religieusement ses ordonnances. Cétoit un assez beau phénomène que de voir les malades guérir les médecins ; et ils les guénssoient en ellet comme certains médecins guérissent leurs malades.
La troisième réapparition du magnétisme fut marquée par une grande simplification dans la pratique. Un n eut plus besoin de manipuler, palper , remuer les inauis , et faire des louis de passe- passe , pour porter le lltiide magnétique dans l’économie animale. La volonté suihsoit, la volonté laisoil dormir, elle éveilloil, elle ImsGit marcher , manger , boire , danser même si cela et oit necessaire. CVsî pendant celle période qu'on eul l’iieurewse idée de magnétiser un pot de réséda , ei il suffisoil d’en respirer l’odeur pour se guérir de son rhume , de sa migraine ou de sa fièvre.
Que nous restera-t-il donc pour la quatrième résurrection ? Le plus étonnant de tous les prodiges , celui qui nous annonce une iévolution générale; écoutez : Le docteur de la rue Loyale Ho:! chez lui à naïf heures et demie du soir , le mercredi <j -, tp - temhre 1822; lecteur, ne perdez jamais le souvenir de celte époque. Il sentit sous son nez des houjfëes d odeur de vulnéraire . Sur-le-cbainp , il pnreourl toute la maison pour s’informer de l'accident qui avoit nécessité l’emploi de celte drogue. Mais tout le inonde se porloil bien , el dans toute la maison , il n'y avoit que le nez magnétique qui eut reçu les émanations du vulnéraire. Alors il lui vint en idée que ce pourroit bien être la dulcinée de la rue de Richelieu qui auroil fait quelque sottise , réclamant, le secours
de la piloselle, de la pulmonaire > de la grande cousoude , de la 1 11 d» l:i sànicle . delà
perluis, de la sclaree, ou oictame, «e » swwiv— ,. .
de la gentiane , ou dnfu/Hranchs de puisse , car ie mol vuineraire veut dire tout cela et bien d’autres choses encoie ; et j espeie que le doeteur voudra bien me pardonner d’avoir supplée au laconisme du mot vulnéraire. Quoi qu’il en soit, il avoit senti toutes c<» odeurs, et il courut chez la demoiselle. Elle voulut niei la faute , mais an premier coup de main , elle lornbe sous je joug du somnambulisme, et avoue son étourderie el sa chute. Lest ici que les jolis insectes dont j’ai parlé avoient joué leur rôle, La somnambule déclare ensuite qu’elle s’étoit composé du vulnéraire en magnétisant de l’eau pure , et qu’elle s’en étoit bassiné ses contusions.
Le magnétisme peut donc faire du vulnéraire , sans employer une seule plante ? Oui, sans doule, et c’est là qu’est le miracle* Notre docteur a fait avec de l’eau pure toutes les substances que renferme la matière médicale. Faut-il de l’eau de Cologne ? il met son doigt dans un verre d’èàu. él lui dit : Sois eau de Cologne* faut-il de l J éther ? Sois et lier. Münn'è, casse , rhubarde ? l’eau se transforme en ces trois purgatifs ,,sépdrés ou réunis. Mais que dis-je? l’eau est inutile ; la seule magnétisation produit toutes les substances salutaires avee leurs vertus et leur odeur. Aussi, notre Monsieur avotie- t-il que lei somnambules lui trouvent une odeur de pharmacie ambulante. Un jour, parexemple , que la demoiselle se piaignoit d’une congestion de sartgà la tète , le docteur se hâte de lui magnétiser les pieds , et à l’instant elle s’écrie qu’elle y sent de la moutarde; c’étoit en effet de la moutarde , mais non pas après dîner, car la seule intention du magnétiseur avoit produit un sinapisme, et par une heu- icuse métastase ou par dérivation ou par révulsion , le sang cessa de tnenacer une tète si chère, et reprit son cours habituel.
Voilà donc le magnétisme qui, rival du Créateur , peut,san s matière , produire toutes les substances , el faire tout de rien l Seat ,
on bien rÀLortane* <Wli« découverte : Si le Monsieur de la ru* Kovile se net en tète de tout bouleverser en France , il en est le maître Uns cette crise inquiétante, le gouvernement restera-t-il traiKinil- comme un dormeur magnétique ? Songez donc que notre hom.ncpeut ohamger 1 eau en vm : il le dit, il en est s, sûr , qu’il s’écrie, nage 244, -que les joyeux enfans de Lnccbus que les a iim lies disciples d’Anacréon varient leurs chants pour célébrer les divines métamorphoses de i eau..... Par le magnétisme de 1 eau , l’homme peut se procurer la liqueur cor. e. vatnee de ses f r e. etc » Si cet homme qui fait du vm, du vulnéraire et des
gouttes d’oilinann avec Je l’eau , et de la moutarde avec rien , s'avisa de faire des libéraux qui eussent le don de nous endormir , que deviendrions-nous? Certes , je ne demande pas qu on lui oie un seul cheveu de la tète , mais c’est un homme qu il faut surveiller ; et, si i’avois pu dire tout ce qu'il fait avec son magnétisme, ou sentiroit futilité de mon conseil. Comme , par exemple, quand il s’est trouvé dans la plus profondeobscurité avec une dame et son mari, il fit parons â 5 s aigrettes lumineuses que la femme vit très bien , et que le mari ne vit pas ; puis il nous dit naïvement qu il eloit en rapport magnét ique avee la dame, et qu’elle n elQ jLpas e ri ippor t avec son mari,
J’ai cru devoir effrayer le lecteur, afin qu il prît ses pré aillions contre le magnétisme, et qu’il empêchât sa femme de se mettre en rapport avec d’autres qu'avec lui. Maintenant je vais le rassurer , non pas complètement, mais autant qu il m est possible.
Noire doeteur affirme qu’avec ie magnétisme on peut faire tout ce qu’on veut. el cependant , lorsque son odalisque a eu besoin d’une infusion d’herbe à chat ( la cataire )., on s’est servi réellement de l’herbe à chat de l'herboriste il dit ensuite que , pour se préserver de la contagion, quand il magnétise un sujet infecté de quelque virus ou psorique ou herpétique , etc.... , il porte sur lui du vinaigr® dp t- quatre voleurs , cl dans la bouche une,pastille de menthe poiyi eè ; dans une occasion enfin où il a voulu purger sa malade , il lui a ordonné de véritables fleurs de pécher et des follicules de séné, avec de vrai sirop de chicorée. Or , il n’auroit pas fan acheter tout cela si une seule parole , si un seul geste magnétique avoit pu le produire. Le magnétisme qui crée la moutarde et le vulnéraire et le vin, ne peut donc pas créer l’herbe achat , la menthe poivrée et le vinaigre des quatre voleurs ; espérons donc que ce grand sorcier ne pourra pas créer des armées et des canons , comme cette fée qui donna à un beau prince une petite boite d’où il sorloit à volonté des bataillons el des escadrons , armés de grands sabres de fin acier de Damas. ^ * .,
Je n’ai pins qu’un reproché à faire à l’auteur des Entretiens : il nous accuse de superstition parce que nous ne croyons pas très fermement à ses miracles ; j’avoue que l 'incrédulité superstitieuse est une expression fort, remarquable , mais l’a,Kedor*--paritîIfîr^é"*je! vais en finir avec mon savant , lui prouvera que cette expression n’est pas nouvelle.
Je me trouvai, il y a plus de trente ans dans une société où un médecin de Paris faisoil 1 éloge du magnétisme etdu docteurDeslon, l’aide-de-camp de Mesmer. Parmi les auditeurs on remarquoit une jeune provinciale, fort jolie, point sotte, et désirant beaucoup savoir ce que c’étoit que ce magnétisme qui faisoil tant de bruit, meme dans sa province. Le docteur offrit de donner la première leçon à la belle curieuse, et il fut pris au mot. Il lui imposa d’abord les deux mains sur le sommet de la tète, puis les descendit sur les épaules ; ensuite il appliqua la droite sur le dos et la gauche sur la poitrine. La demoiselle frémit. C’est ainsi qu’il faut commencer, dit ledoc- leui. Commencer, s’écria la demoiselle, avec un accent qui annonça’ t [ e l’inquiétude pour la fin? Le magnétiseur glissa ensuite s*
A „ -apercevant que magné
tisme aspire toujours à descendre, se leva brusquement et dit: k M. le docteur, on dit dans mon pays : Jeu de mains, jeu de vilain. » L’Hippocrate se tourna vert nous , et d’un sourire un peu forcé, il murmura tout bas : « Comme on est supertitieux en province. » Quelqu’un lui répondit, et je le réponds moi-mème au doeteur de la rue Royale : « Vous aimeriez mieux un esprit fort qui croiroit à tout. »
Mes lecteurs se doutent bien que, sans l’approche du carnaval, je n’aurois pas écrit un pareil article, ma s je puis bien me perméfiîa une mascarade en littérature quand il est question du magnétisma I qui est la mascarade de la médecine. 1 .
BOURSE DE PARIS, DU 9 FEVRIER.
Cinq pour o/o cont. ). du 93 Sept. 1833,
97 I. 3 o c. 35 e. 4 « e. 35 c 3 oc.
(Plus haut... 97 t. 60 c. Nég. h larme 7 Plus bas.».. 97 4 °
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Act. do U B. J. de janv. — 1700 t. .. Ob. de Pari». J. de janv. — .... 00
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