de la Chirurgie. 455

magne (carra. 221.) dit en par­lant des Ecoles du Palais de cet Empereur, que les Médecins soc- cupoient à faigner, &c.

Accurrunt Medici mox Hypocrati- ca tetta ,

Hic venus findit, herbus hic mifcet in olla,

llle coquit pultes , alter fed pocula perfert.

On voit par que du tems de Charlemagne ceux qui exercoient & la Médecine & la Chirurgie en- femble , s'appelaient Médecins ; mais ce nom devint enfuite mépri- fable , parce que lufage le donna aux Charlatans & aux femmes mê­me celt apparemment à caufe de lignominie de ce nom , que les vrais Maîtres de lArt furent ap­pelles Mires , & que les Médecins Eccléhaftiques prirent le nom de Phyficiens. On voit donc évidem­ment par les citations préceden-. tes, que depuis environ le dixié­mes üécle le mot de Mire fîgni- fioit Médecin-Chirurgien , & que les Chirurgiens qui ont confervé ce nom long-tems après létablif- fèment de leurs Ecoles, étoient ainfi que leurs prédecefieurs, ceft- à-dire Chirurgiens & Médecins , comme létoient Hippocrate & Galien. Audi voit-on que la Chirurgie étoit regardée comme une Science qui marchoit dun pas égal avec la Médecine théorique > cette égalité paroît par la Charte qui fuit»

Du 5 Aoujl 1390.

H A R L E S par la grâce de Dieu Roy de France , au Prévoit de Paris, & à tous nos autres Jufticiers? ou à leurs Lieu­tenants , falut. .11 elt venu à notre cognoilïance que plufîeurs Prati­ciens, tant en Médecine, comme en Cyrurgie le expofent indue- ment à vilïter malades, & abufent defdites Sciences en eulx promet­tant & acertenant les garir & curer de leur maladie, & de eulx faire choie laquelle ilz ne fâuroient ne pourroient faire, & contre les ter» mes de la vérité defdiétes Scien­ces , dont plufîeurs perilz & in- conveniens fe font & pourroient plus grands sen fui vre le pourveu ny eftoit ; Pourquoy nous qui ne vouldrions telles choies diffi- muler, ne fouffrir, vous mandons en. commettant, fe meftier eft, ce à chacun de vous, li comme à lui appartiendra , que fur ce vous in­formez diligemment, & à ceulx: que vous trouverrez non experts & infouffifans à pratiquer eldites Sciences , delfendez fur telles pei­nes quil vous femblera à faire de raifon , que en aucune maniéré ilz ne exercent la pratique defdites Sciences', & ou cas que aucun non maîtrifé et, Sciences deffus diètes , vouldroit dire & maintenir loy eftxe fouffifant pour ladite Scien­ce exercer , nous ne voulons que aucunement il y foit receu jufques à ce quil vous appert quil loit examiné & trouvé fouffifant par ceulx à qui il appartient, Donné