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Jacques Du Breul, dans Ton Théâtre des Antiquitez de Paris, édition de 1612. pag. 354. ap­pelle les Chirurgiens de Paris Maî­tres Mires , ceft - à - dire, dit - il, Médecins Chirurgiens ; & à la page 599. il ajoute, que félon quel­ques uns, les Mires étoient autre­fois Médecins-Cliniques (allant au lit des malades) au lieu que les Phyficiens nétoient pour la plû- part que Médecins Confultans chez eux.

} Cela pouvoit venir de ce quvant lannée 1452. les Phyficiens étoient tous Ecdéfiaftiques, & que la plupart étant Prêtres, ou poffé- dant des Dignitez ou des Perfio- nats dans lEglile , lexercice de la Mçdecine leur avoit été défendu par le Pape Honore III. Capitulo fuper fpecula 10. extra, ne Clerici vel Monachi. ( Lib. 3. Decretalium lit. 50.)

R 1 o l A N Médecin de Paris ( dans fes Recherches fur les Ecoles de Parts & de Montpellier, impri­mées in- 8°. en 1 65 1. rapporte à la page 293. le précis dun Régiftre de la Faculté, commencé en lan­née 1 3 91. & fini en lannée 1430. en ces termes : » Nous apprenons » par ledit Régiftre que les- » decins étoient dans lordre Ec- » cléfiaftique fans être mariés, pour » pratiquer la Médecine ; & que yy ceux qui fe faifoient Prêtres é- » toient interdits de pratiquer sils y» navoient une Bulle du Pape ® pour en avoir la licence.

R 1 o l A N devoit ajouter que prelque tous les Phyficiens de ce

SUR I/O R I G I N E tems - polTédoient des dignités ou offices Eccléfiaftiques, comme lalfure Hemeræus ( de Academia Partf. édition de 1637. tap. 5. pag. 49. ) en ces termes ; Hujus profef- Jtonts [ Medicinœ ] Clavum Canonïci Parifienfes diu tenuerunt. Il ajoute que ces Phyficiens, Venati undique fubjiantias Eccleftarum , quibus artis & fiudiorum dignitatem in civili fo- cietate éléganter & nitidè tuerentur , Parijîenfi in primis non alftinuerunt . D il réfulte que les Médecins Bénéficiers ne pouvant point aller au lit des malades fuivant la Dé­crétale citée, le nombre de ceux qui y alloient étoit très-petit. E11 effet Riolan dit à la page 294* que depuis 1391. jufquen 1430. il y avoit au plus trente-fix Méde­cins, & que du tems des Anglois ( vers lan 1442. ) ils nétoient que dix à douze ; de forte quen retran­chant de ce nombre les Prêtres & les Bénéficiers, lefquels ne pou- voient point aller au lit des mala­des , lexercice prelque entier de la Médecine pratique reftoit nécef- lairement aux Médecins Laïques ; ceft-à-dire aux Mires, ou Méde­cins-Chirurgiens. *

Or, les Mires étoient évidem­ment en cela les (ùcceffeurs de ceux qui profeftoient avant létabliffe- ment de la Faculté de Médecine, toutes les parties de lart de guérir. Ces anciens Médecins, à lexem­ple desAlédecins Grecs & des Ro­mains , guériffoient par la diète ou régime, par les boiflons ou les to­piques , & par lopération de la main. Alcuin au tems de Charie-