de la Chirurgie. 4 r j

Ce mot Mire , quon trouve toujours écrit par un i fîmple dans les anciens titres, & jamais par un y, paroît venir, auflî-bien que Miege ou mege , du mot latin mede- n, medeor.

Les Ecrivains les plus anciens ont toujours donné le nom de Mire à ceux qui guérifloient les maladies internes & les externes.

S. Luc, Mires , p. 274. Hift. des trois Maries en .vers mf. avés efté Mire de mon mal , avés eftê Mire du mal qui me ternit. Roman de Pau val, parlant de la remifè dune luxation , Gérard de Nevers dit

Ly envoya un Mire fage , i. Prov. Et trois Pucelles de lEcolle,

£Jui lui remuent le canol j

( ceft-à dire le col , félon Borel ) Prov. 91. note delEe. Gérard de Nevers, 1. Prov.

Les Médecins de Salerne font appelles Mires, pag. 1 65 2. Prov. mf. de la Fr. ann. 1500. tome 4. Débonnaire Mire fait playe puan­te. Prou qui veut la guarifon du Mire , il lui convient tout fon.mal dire. Prov. V. Cofgrave.

De Mire ne lui eut ejlé métier , ( jamais il n 7 auroit eu bejo 'tn de Chi­rurgien) Prov. 6 3. note de ledit Gérard de Nevers :

Et cil Guillaume dont je di Eu £)uens de Flandres tout aujji ; Mais il fu navré & ble'üés , a, 1. Poignit à fa drecié $

Si en ot au ever figrant dire ,

Kil en mourut par mauvais Mire,

Ph, Mouskes Auteur du xi. Gi­cle. mf p. 472. & 473.

J'ouy Pamant qui foupiroit s Car qui plus près efi , plus deftre r Et lagrant douleur quil tiroit,

Ne fçavo'tt taire , & nofoit dire :

Si languijfoit auprès du Mire,

Jjhti nuifoit a fa guarifon ;

Car qui art ne fe pleut plus nuire j Jjhi aproticbet le feu du tifotî,

Poëme dA. Charsier, p. 507^

A donc fai demander & querre Tore les bons Mires de la terre ^

Se aucuns peut veoir s'orine ,

Ou par aucune Médecine De laituaire ou de poifon,

Li puijfet, donner garifon,

Ovide de arte mf. des G. fol* 97. v. col. 2.

Ne nus Mires ne me porroit faner.

Chanfons de Thibaut Comte de Champagne, on trouve le nom de Mire pour dire un Chirurgien qui racommode les jambes rom­pues, fol. 3 3. reol. 2. Le Cheval lier de la Tour inftruc. à fes filles»

Je ne fuis ne Mire ne Phyjîcien.

Erberie mf de S. G. fol. 39. reol. 3. fol. 81 . vol. 2. On voit par que le Mire étoit diftingué dur Médecin ou Phyficien.

Il faut remarquer que dans les tems la plupart de ces Ecrivains ont vécu , prefque tous les ouvra» ges, fans excepter ceux qui trai- toient de la Médecine , étoient écrits en vers.

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