382- Recherches sur lorigine expérience 3c à celle de leurs Maîtres. Ils ont donc été comme des Phyficiens qui ne feroient conduits que par leurs propres recherches. Les expériences de ces grands Maîtres qui ont vécu avant nous, ou qui nont point de commerce avec nous, nont été par confé- quent que des biens étrangers, en quelque façon, à lart qui les a produits.

Pour remédier à cet inconvénient, M. de la Peyronie repréfenta à M. Marechal la nécet hté détablir une Académie qui recueillît les travaux de tous les Chirurgiens François, 3c qui confervât à la poftérité les connoiffances répandues parmi tant dhommes éclairés. Avant quon eût formé de tels établiffemens pour les Sciences phyfiques, on fe plai- gnoit de leur ftérilité; le goût des hypothéfes infe- éboit les efprits; chaque Phyfîcien fe perfuadoit quil pouvoit foumettre la nature entière à limagination ; la théorie nétoit quun jeu de lefprit dans les écrits des hommes les plus célébrés. Mais dès quon a ralfemblé des faits, les Philofophes font devenus plus fages. Ils * ont que la nature ne pouvoit fe dévoiler que par des Obfervations réitérées. Ce neft quen les conful- tant quon a cru pouvoir remonter aux principes, ou plûtôt aux caufes immédiates; car pour ce qui eft des premiers principes, ils font cachés dans la profondeur de la nature, qui félon les apparences ne fe dévoilera jamais à nos yeux.

On a crû avec raifon quil ny avoit quune telle voye qui pût conduire la Chirurgie à fa perfection. Pour en hâter les progrès, on a fuivi les traces des au­tres Académies deflinées aux recherches phyfiques»