>64 Recherches sur l’origine faifoit aucune mention, ils craignirent l’indignation: des Juges qu’ils fatiguoient depuis fi long-temsj ce hit fims doute la crainte ou la honte qui leur infpirerent enfuite de la modération ; ils voyoient que la Chirurgie qui avoit été ruinée par l’union des Barbiers, commençait à fie relever j Tes progrès attiroient les yeur du Public, tandis que la Médecine reftoit dans Ton obfcurité. Or, ces.progrès de la Chirurgie ne dévoient rien a la Faculté ; aujourd’hui que notre Art efl: prefque élevé à fa perfection par nos feules mains * &: que fon luftre nous attire l'eftime & la confiance de toute l’Europe, cet Art qui nous a coûté tant de travaux, fera-t’il livré aux Médecins? Nous dira-t’on que nous, qui fommes les feuls Maîtres qui élévent les Chirurgiens, nous devons écouter d’autres Maîtres étrangers à la Chirurgie : que malgré les efforts heureux que nous avons faits pour débrouiller cet Art, on ne peut pas nous confier entièrement nos éléves, qu’il faut les ioumettre aux préceptes des Médecins qui ignorent fouvent la Médecine meme, &: qui ne peuvent qu’éteindre l’émulation des Chirurgiens, l’émulation qui eft une reflource fi heureufe pour le Public ?
Un ridicule en attire toujours un autre ; les Médecins qui durant cinquante ans n’ont ofé nous faire des leçons, ôc qui cependant fe regardoient comme nos Profefleurs , ont demandé hardiment la préfidence dans nos affembléesrc’eft une ancienne prétention de leur vanité que le Parlement a flétrie par un Arrêt. Mais ce n’eft pas la Chirurgie qui les a introduits dans nos aflemblées > cet Art indépendant n’eut jamais feefoin ni de leur préfence ni de leur leçons : les Bar-