de la Chirurgie. 355?

Les anciens Barbiers, aides ignorans des Chirur­giens, choifirenc un Profeffeur dans la Faculté pour iru ftruire leurs élèves; ce choix fut toujours libre & con­ditionnel. Or, parce que les Médecins ont été dignes du choix des Barbiers, ils veulent être les Profeffeurs des Chirurgiens? Sans avoir dautres titres, ils préten­dent en Maîtres abfolus semparer de toute la Chirur­gie pour lenfeigner dans leurs Ecoles, qui, (èlon eux, en font la feule fource ? Mais par quel nouveau privilège veulent-ils étendre leurs droits fur la vraye Chirurgie? Depuis lunion ils ne peuvent avoir tout au plus fur les Chirurgiens, que les prétentions que la Faculté avoit fur les Barbiers. Ceft la ce point fixe fur lequel roulent toutes nos difputes. Or, jamais les Médecins nont eu le droit d'enfeigner toute la Chirurgie aux Barbiers* ils nont eu que le miférable privilège dexpliquer la théorie des doux &: boffes. La vraye Chirurgie avoit fes Profèflèurs dans le Collège de S. Corne; & ces Profef leurs nont jamais été que des Maîtres de lArt. Les Leçons aufquelles les Médecins veulent nous affujettir aujourdhui, ne peuvent donc avoir pour objet que des doux* ôc des boffes ; tout le refte de la Chirurgie leur eft interdit. Les préceptes effentiels de cet Art ne feront donc expliqués que dans nos Ecoles, ceft- à-dire que ce qui intéreffe la vie des hommes fera corn fié aux Chirurgiens, fera lobjet de leurs leçons. Com­me les Chirurgiens gradués pouvoient feuls dévoiler les myftéres de leur Art, nous qui fommes leurs fucceffeurs & les héritiers de leurs droits, puifque nous fommes fortis de la même Ecole, nous enfeignerons un Art- dont lexpérience feule peut former les Maîtres. L&-