350 Recherches sur l’origine Pour avilir entièrement la Chirurgie , ils voulurent impofer un tribut aux Chirurgiens, en les obligeant de payer un écu d’or chaque année au Doyen de la Fa­culté. Examinons les fondemens d’une prétention fi injufte 8c fi ridicule : on va voir quelle regardoit uni­quement les Barbiers.

La Faculté n’avoit originairement aucun droit lur les Barbiers ; ces Artilans formoient une Société qui ne devoit pas même aux Médecins cette déférence 8c ce refpeét dont ils ont été fi jaloux, 8c qu’ils ont demandé dans toutes les procédures. Car cette So­ciété n’étoit foumife qu’aux anciens Chirurgiens de Paris (a). Mais l’intérêt, l’ambition 8c la vanité for-

( a ) Cette dépendance des Bar­biers efl démontrée par l’Ordon­nance qui fuit :

L’an de grâce 1301.. le Lundi aprez, la mi-Aouf , jurent femons tuït h Barbiers qui s’entremeüent de Cy­rurgie t dont les noms font ci-dejfoubs écrtpts, & leur fut défendu fus peine de corps & d’avoir , que cil qui fe dient Cyrurgien- Barbier , que il ne ouvreint de Part de Cyrurgie devant ce que il foient examinez des Meftres de Cyrurgie, [cavoir-mon fe il font fouffifants audit mejtier faire. Item , que nul Barbier fe ce n’efl en aucun befoing d’eflancher le blecié , ne fe fourra entremeclre dudit me fier ; & fi tofl que il l’aura eflanché ou affaitié il le fera fçavoir à Jufiice , c’en à fça- voïr au Prevofl de Paris ou a fon Lieu­tenant fus la peine dejjtifdite.

Etienne de Chaalons, Hulart le Barbier , Pierre le Barbier, Robert le Barbier, Michel le Barbier des Hal­les, Guillaume le Barbier , Thomas le- Barbier 7 Mahy le Barbier , Otran le

Barbier, Jacques le Barbier , Guillau­me le Barbier de la Place Maubert l Ogier le Barbier , Jean le Barbier de la Raviere > Pierre le Barbier de la Porte S. Antoine , Renaud le Barbier dehors la Porte S . Antoine, &c. Cet­te 1 iece éft dans Pasquier , Liv. 9. chap. 32. Malingre’ tom. 1. pag. 201. au Livre alphabétique des Métiers, fol. 150, mfl. & ail premier Livre des Métiers, en Sor­bonne , auffi mfli

Les Chirurgiens de robe longue con­tinuèrent d’être les examinateurs des Barbiers , comme il paroît par des Let­tres Patentes du 7 Février 1596". dans Pasquier liv. 9. ch. 32. par un Arrêt contradictoire du Parlement du 2 Août 1608. & par une Senten­ce du Châtelet du 7 Mars 1610. Ces deux pièces font aux archives de Saint Corne, avec la formule des Lettres de Maîtrife que le Collège de Saint Corne donnoit aux Barbiers, impri­mées ci-delfus, pag. 91.