346 Recherches sur l*origine une foule d’ignorans > les efprits même les plus éclairés ne fçauroient plus apprécier notre Art ni ceux qui le profeflent*, car jufqu’ici les Sciences avoient été la bafe de la Chirurgie 5 quelques Médecins qui n’étoient pas dominés par l’efprit de cabale, ne la regardoient pas moins comme fart de l’efprit que comme Part des mains. La Faculté autrefois moins injufte à l’égard des Chirurgiens de S. Corne, les reconnut par un Décret comme njrais Maijhf es & Profiejjeurs , d'une des principales parties du Corps de la Médecine ( a ). A K AK IA a dit, qu 'un Art fifiaint gr fi refpe fiable ne peut être l'art des Jim - pies Barbiers . Cependant des Loix établies par lanécef- fité érigent en Maîtres de la vie ces mêmes Barbiers qui ont la hardieffe de fe charger des maladies les plus graves, fk ils font adoptés folemnellement. Les Sçavans même du Collège de S. Louis leur en ouvrent l’entrée y & à n’en juger que fuivant les apparences, ils l’ouvrent comme à des hommes qui le méritent. Les Chirurgiens éroient forcés, il efl vrai, de fe déshonorer par une telle affociation 5 mais le Public ne pénétroit pas dans les motifs fecrets qui formoient cette indigne alliance» il n’y voyoit pas la neceffitè , la perfécution, les intrigues des Médecins, c’efl-à-dire qu’il ne voyoit nullement les véritables relforts qui uniffoient deux Corps incompatibles. D’ailleurs les Barbiers trouvoient des partifans dans les préjugés & dans l’ignorance. Les efprits, (fi la plupart des hommes méritent d etre défi-
(4) Ce Décret de la Faculté Fut { fait le fixiéme jour d’Août lan 1596. fous le Décanat du Sieur Ia sson : on le trouve dans la Bibliothèque de M. Chauyeunj il
efl dit dans ce Décret que tous les Doéleurs afïemblés approuvent la réunion des C hirurgiens au giron & Corps de VEcole y fait au rems de M» Henry Blacuod»