de ia Chirurgie. 319
Ce fut à regret qu’ils penferent à fe lier avec les Barbiers ; il fallut enfin céder au torrent qui entraînoit la Chirurgie, & qui confondoit des gens de Lettres avec des artifans fi indignes d’eux. Par un Aéte authentique les deux Corps furent donc affociés*, les Chirurgiens fe chargèrent de la honte des Barbiers, de les Barbiers entrèrent dans les droits &: les privilèges des Chirurgiens. De deux Corps fi oppofés, il ne s’en forma qu’un.
Tous les /èntimens néanmoins ne furent pas réunis par une telle afTociation -, il y avoit parmi les Chirurgiens des efprits inflexibles} les vexations leur parurent moins infupportables qu’une telle union. Mais leurs remontrances ne furent pas écoutées > ils re- préfenterent en vain que les Chirurgiens tomboienc dans les pièges des Médecins v que c’étoient eux qui introduifoient les Barbiers dans le Collège de Saint Louis, pour tâcher de fe le foumettre; qu’on les verroit fe foulever dès que l’union feroit formée > qu’alors pour terminer cette affaire fi épineufe , il n’y auroit que deux voyes â prendre •, que le Collège de Saint Louis devoit entrer dans les conventions des Barbiers , ou anéantir leurs Contrats > que pour effacer ces Contrats, il faudroit révoquer les Arrêts qui les confirmoient ; que les circon- ftances ne promettoient pas une telle faveurs qu’enfin une telle union demandoit un confentement unanime *, que les droits du Collège étoient un bien commun , q^i ne pouvoit être partagé que par tous les fuffrages réunis 5 que les Arrêts qui favoriferoient cette affociation paroîtroient un jour des Arrêts furpris * arrachés par la nécelfité des tems, &c par des abus qui