318 Recherches sur lorigine touchés des malheurs du Public, trouvèrent dans la dégradation de cet Art des motifs preflans pour fe réunir avec leurs ennemis. Les loix les plus févéres étoient un frein inutile pour les Barbiers *, leur nom­bre prodigieux engloutiffoit, ruinoit, déshonoroit la Chirurgie. Ce furent donc ( pour le rappeller en peu de mots ) les ufurpations furtives, les procédures per­pétuelles, le crédit du premier Barbier, la haine des Médecinsj ce furent, dis-je, ces vexations qui for­cèrent les Chirurgiens à recevoir les Barbiers parmi

eux.

Cette union étoit préfentée fous des apparences bien différentes par divers partis ; les uns y voyoienc la réunion des efprits, des talens & des travaux ; dau­tres plus défians ou plus éclairés, ne crurent jamais que le bien public eût infpiré une telle aflociation. Lintérêt particulier leur parut toujours en être le feul principe j car les Chirurgiens plaçoient parmi eux des Empiriques, qui auparavant ne pouvoient exercer la Chirurgie que furtivement. En les adoptant, ils fem- bloient ne plus exiger léducation des éléves, létude des principes : ils paroiffoient donc oublier la digni­ de la Chirurgie*, ils éteignoient donc lémulation en aviliffant leur Art ; ils fembloient linterdire aux génies heureux 6c cultivés qui pouvoient en hâter les progrès.

Les auteurs de cette union bizarre, &c cependant néceffaire, dégradoient, il eft vrai, la Chirurgie} mais ils nen ignoroient pas les fuites facheufes qui les mena- -çoient. Emportés par la néceffité des tems, ils fuivirent les traces de ceux qui avoient tenté la première union.