de la Chirurgie. 317

fèntations des Chirurgiens. Elle rompit les liens hon­teux que la furprife avoit formés} elle condamna les auteurs de cette furprife par des Lettres du grand Sceau. Ces Lettres rendent à la Chirurgie fa dignité, elles donnent a nos Maîtres des titres honorables, elles les nomment Chirurgiens ôc Profeffeurs du Collège Royal en Wniverfité de Paris . Nulle difficulté ne retar­da 1’ enrégiftrement de ces Lettres Patentes fi néceifai- resi il fut fuivi d’un Arrêt qui fépare ces deux Corps fi mal affortis, les Barbiers furent dépouillés de tous les ornemens dont ils s’étoient parés, ils virent con­damner leurs tentatives fi fouvent renouvellées. Enfin après tous ces débats odieux , les Chefs de la Chirurgie furent préfentés a Louis XIII. Ce Prince leur promit de confèrver leurs privilèges, ôc les honora des mar­ques les plus flatteufes de fa confiance ôc de fon eftime.

En fortant de ces difputes fi vives, la Chirurgie pa­rut encore reprendre un nouveau luftre. Les Chirur­giens portèrent a leurs exercices une nouvelle ardeur,, les ProfefTeurs par leurs leçons attirèrent la curiofité des Sçavans. Les éléves fuivirent les traces de leurs Maîtres ; les Magiftrats excitèrent l’émulation par des. titres honorables, ôc par leur févérité qui écartoit l’i­gnorance. Mais les Barbiers unis aux Médecins con­tinuèrent furtivement à exercer notre Art. Le Public,, Juge aveugle du fçavoir, les érigea en Chirurgiens, par fii confiance ou par. une fotte prévention. Les dé- ford res qui ruinoient infenfiblement la Chirurgie ,, l’intérêt qui commande toujours aux hommes, rendi­rent enfin le Collège de S. Louis plus acceffible aux Barbiers. Les Chirurgiens même les plus fages Æ .