DE IA CHÎRURÔIE. 3*3

Cependant dans les fuites la vanité des Médecins ne fe renferma pas dans ces bornes» ils prétendoient commander en Maîtres abfolus. De telles prétentions révoltoient les Barbiers : fous les apparences de fou- mifîion , ils n etoient occupés quà chercher les moyens de saffranchir (a) de leurs Contrats, Les Chirurgiens leurs Maîtres naturels, étoient libres *, une affociation au Collège de S. Louis auroit donc pu donner aux Barbiers une liberté honorable. Or une telle union ne leur parut pas impoffible; les- fordres mêmes dont ils étoient les auteurs, ceft-à- dire les malheurs de la Chirurgie leur parurent favo- rifer leurs efpérances. Elles nétoient pas vaines, fi lexcès de ces défovdtes en étoient les fondemens. Quon en juge par ce portrait racourci des malheurs qui étoient attachés à notre Profeffion depuis plus dun fiécle.

Les Chirurgiens étoient expofés à des vexations continuelles, les Médecins les pourfuivoient fans re­lâche. Les Facultés foutenoient fouvent ces ponrfui- tes» les efprits étoient quelquefois prévenus ou indifi pofés, le crédit lartifice les féduifoient. Si les Juges étoient favorables, les intrigues & les procédures fuf.

(a) Les Barbiers ont toujours voulu fe dérober au joug des Mé­decins. Pour sen convaincre il ny a quà fe rappeller que les Médecins vouloient que les Barbiers les ap- pellaflent nos Seigneurs & Mdires , & quils ont ofé produire une Re­quête étoient ces titres faftueux ; ceft à caufe de cette hauteur que les Barbiers fe font révoltés contre les Médecins, aufquels ils ayoîent |

donné quelque empire fcholaftique fur eux. Les Médecins fe plaignent fort au long dans un plaidoyé de la révolte des Barbiers : la Faculté, difent-ils, na pas plutôt élevé les Barbiers, quils fe font foulevés con­tre elle, imp'tguati , incrajfati recal - citrarunt , non agnoverunt Dominam ; ils fe font ligués avec les Anciens 8 ils ont difputé la prélidence,

R. r