194 Recherches sur l 9 orïgine été pour la Philofophie &: pour l’éloquence; nos Ecoles font les Ecoles de toutes les Nations. Si un jeune Chirurgien étranger n y venoit puifer les préceptes de fon Art, il croiroit qu’il lui manque quelque chofe. Plu- fieurs même de ceux qui, fans nos leçons , ont acquis de la réputation * font enfin venus rendre hommage à la Chirurgie Françoife; ils ont voulu voir s’ils reffem- bloient à nos grands Maîtres ; ils s’en font retournés dans leur Pays, plus fûrs de leur habileté quand ils ont remporté notre approbation. Ce témoignage pourroit paroître fufpeéb dans notre bouche ; mais c’eft le témoignage de toutes les Nations. Aucun des Chirurgiens étrangers ne nous l’a refufé > ce fuffrage eft bien honorable pour nous, puifque parmi eux il y en a qui font fi dignes de notre admiration, ôt à qui nous devons tant d’utiles découvertes. Nos Médecins feuls voudroient nous rabbailfer, c’eft-à-dire que leur jalou- fie voudroit nous mettre à leur rang. Car, avouons-le, a la honte de notre Médecine, en nul endroit on n’en a eu l’opinion qu’on a de notre Chirurgie. En vain nos Doéteurs ont-ils voulu partager l’eftime qu’on a pour les Chirurgiens; en vain dans cette idée ont-ils écrit fur notre Art : toute la Faculté n’a pu produire que des copiftes. Qu’on nous permette ici un parallèle que nous femmes forcés de préfenter au Public : la pré- fomption ôc la vanité des Médecins nous montrent leur Ecole comme la feurce des lumières qui éclairent la Chirurgie ; ils n’ont pas honte de publier que c’eft dans les Ecrits de la Faculté que nos Ecrivains ont puifé ces connoiflances, qui rendent leurs ouvrages fi précieux. Cette injuftice nous engagera dans un dé-