de la Chirurgie.
fondemens de fon Arc Ôc les éclairciffemens que de- mandoient les préceptes des Anciens. Mais l’expérience, quoique fi vantée, a fes défauts; ce n’efl:qu’un guide aveugle quand elle eft feule, elle ne décide rien par elle-même, elle offre le pour ôc le contre; dans les objets les plus fenfibles, elle ne corrige que ceux qui lui commandent, même en la fuivant. Si G u i l- l e m e a u ne s etoit livré qu’à ce guide, quels auroient été fes progrès? Ils euffent pû fatisfaire un efprit vulgaire ; peut-être eût-il occupé de grandes places, peut-être lui auroit-on prodigué les titres d’Illuftre, de Maitre de fon Art; mais l’aveuglement ou le préjugé public auroient fait fa grandeur. Guillemeau fçut fe frayer des routes à une gloire plus foîide;il entra dans l’expérience avec les lumières de l’anatomie ôc de la théorie. Ses premiers effais furent des témoignages de fa reconnoiffance, il traduifit en Latin les ouvrages d’Ambroise Pare’ fon Maître; ce grand Chirurgien? fut charmé des talens de fon éléve, il conduifit ce difciple dans les fentiers les plus épineux de la Chirurgie: en le voyant fur fes traces, cet ancien reflau- rateur de la Chirurgie crut rajeunir, il eut du moins le plaifir de voir un autre lui-même héritier de fes connoiffances ; mais Guillemeau eût été indigne de ce dépôt, s’il n’en eût été qu’un poffeffeur fèrvile. Telles font les lumières dans un efprit élevé, elles s’étendent ôc fe multiplient : dans cette idée, Guillemeau appliqua fes recherches aux maladies les moins connues. L’art des accouchemens offroic alors des difficultés effrayantes : conduit par la ftruc^- ture des parties, notre Auteur débrouilla cet Art in-