l6l Recherches sur l’origine dont ils pou voient jouir durant leur vie ; du moins n’ont- ils pas cherché par des écrits l’eftime de leurs fuccefieurs. Hubert ne nous a laiffé que Ton nom; encore eft-ce nos Régiftres qui le confervent. Girault Ton difciple^ n’avoit compofé qu’un petit Traité fur les opérations, ôc c’eft le hazard qu’il l’a mis au jour dans un ouvrage étranger (a). Cet efïaieft cependant un monument de l’adrefle ôc du fçavoir de ce Chirurgien. II eft vrai qu’il ne traite point de l’opération de la taille. Ce filence n’eft pas ïiirprenant : l’art des Colot étoit un art myftérieux, ils ne travailloient qu’en fécret ; ce my- ftére pafloit feulement à leurs éléves, &c l’intérêt ne le cachoit que trop fidèlement ; c’eft donc par une réferve héréditaire, que Girault ne parle point de la taille. Mais fi fon fils fut auffi réfervé, il n’oublia pas la reconnoiffance, il rendit à la famille des Colot le dépôt qu’il en avoit reçu; car il inftruifit François Colot qui fe rendit célébré dans toute l’Europe. L’art de tailler eft donc entré dans le Collège de S. Louis avec les Colot , il s’y eft enrichi de nouvelles connoif. fances, l’efprit &: l’induftrie en ont facilité la pratique, & aujourd’hui il eft plus parfait & plus répandu.
Guillemeau ne fut pas moins fameux que les Chirurgiens dont nous venons de parler; il porta dans l’étude de la Chirurgie un efprit cultivé par les belles Lettres ; les Langues fçavantes lui étoient familières, elles lui ouvrirent les ouvrages fameux de l’Antiquité; mais pour mieux les entendre il prit un Interprête, fans lequel toutes nos études deviennent inutiles, je veux dire qu’il s’attacha a l’expérience, qu’il y chercha les
<<t) Daleschamp.