i54 Recherches sur l’origine ce Doéteur, le hazard décide fouvent du fort des malades > les remèdes de la Médecine font quelquefois fàlutaires, mais fouvent ils font périlleux, ou ne font qu’un vain amufement> on ne fçait dans les fuccès les plus éclatans, fi on ne doit pas plutôt la guérifon aux efforts de la nature qu’aux efforts de l’Art j mais dans la Chirurgie la guérifon des maux ne fçauroit être re fufée aux mains qui les ont conduits. C’étoit l’aveu fin- cere que faifoit un fçavant Médecin à un grand Roy. P i gray fuit les mêmes idées, il éleve la Chirurgie à un fi haut point de perfeélion, que la Médecine efl forcée de l’admirer : l’efprit rempli de la dignité de fon Art, il féme de fleurs l’entrée de fon ouvrage, il explique en langage Platonique les principes qui font la fource de la vie & de fa deftruétion, il repréfente le cœur comme le premier mobile qui met en jeu tous les refforts des corps animés, comme une fource qui porte la fécondité dans toutes les parties , comme un feu fecret qui les anime & les réchauffe. Le cerveau efl: une demeure où l’ame efl placée comme fur un fiége élevé > elle y écoute les fens, reçoit leurs impref- fions, envoyé fes ordres par des routes inconnues » tient, pour ainfi dire, entre fes mains les rênes qui tournent les membres de tous côtés. Après avoir peint fous d’autres images les fondions des autres parties, il reprend la fimplicité , la précifion, l’ordre exaét, la féchereffemême que demandent les préceptes. Dans un- petit volume il renferme plus de choies qu’on n’en trouve dans de gros Livres multipliésùl efl encore le guide des éléves, & l’exemple des Chirurgiens confommés., . Il y a des tems où la nature femble faire des efforts