b e là Chirur gie. 2-53

Mais ce'qui diftinguoit Pigray des autres Chirur­giens de Ton tems, etoit fur-tout le goût &: l’efprit : le jugement qu’il fai Toit des Anciens n’effc point le ju­gement d’un efprit fervile : il les regarde comme des hommes d’une grandeur extraordinaire qui nous pren­nent entre leurs bras, qui nous découvrent une vafte étendue de Pays. Elevés, pour ainfi dire, au-deffus de leurs têtes, nous portons les yeux, félon lui, fur des objets qu’ils n’ont pas apperçûs. Après nous avoir mon­tré les fecoursquenous devons a ces premiers Maîtres, il parle des reffources qu’on ne peut chercher que dans Je fonds de l’efprit j il nous dépeint ce fonds comme un champ qu’il faut cultiver : les femences qu’il faut y jetter, dit-il, font les préceptes des Anciens -, le tra­vail, l’ordre, la méditation font éclore les premiers germes, l’expérience prépare les fruits, lesmeurit, les ramaffe ôc les multiplie*. :

La Chirurgie que doivent former ces anciens Maî­tres ôc nos travaux, n’eft pas, félon Pigray, cette Chirurgie méchanique, qui n’efl pas conduite par des principes * c’efl: la Chirurgie rationelle , ou la Chirur­gie éclairée, qui mérite feule le nom de Chirurgie > c’efl elle qui, pour me fervir des termes de notre Au­teur , s’apprend par X'analyfe Ôc par la compofition . Ces idées étoient peu familières aux Ecrivains de fon tems; mais elles le guidèrent même dans fon premier eflor. Ce fut avec leur fecours qu’il démontra la vérité des pré­ceptes de fon Art, c’eft-i-dire la certitude de la Chirur­gie. Il oppofe d’abord cette certitude à l’incertitude de la Médecine-,il en parle comme Tagault Médecin de la Faculté de Paris. Dans les maladies internes, félon

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