de la Chirurgie. r 2.55 pour former des hommes illuflres, ou pour mieux dire, il y a des tems où les récompenfes ôc des efprirs finguliers, répandent par-tout l’émulation & les fe- mences des Sciences; alors des génies qui auroient été étouffés, fortent de robfcurité ôc prennent l’eflor: c’eft ce que nous voyons dans ce période de la Chirurgie. La proteéfion accordée par nos Rois au Collège de S. Louis, attiroit de toutes parts des efprits curieux ; ils fe raffembloient dans nos Ecoles pour cultiver notre Art : Ambroise Pare’ Sc Pigray trouvèrent bien-tôt des émules; leur réputation ôc leurs Ecrits ne purent effacer Jacques de Marque: ces grands hommes avoient, pour ainfi dire, aflervi le Public par leur habileté. Celui-ci mérita comme eux l’effime des Sçavans; c’étoit un efprit exaét, qui fàififloit les rapports des objets les plus compofés, qui. fçavoit leur marquer leur place, les lier par leur ref- femblance, les expofer au jour par leurs côtés les plus frappans, les pénétrer pour y chercher leurs parties ôc leurs propriétés. Cet efprit fi jufte étoit nourri de l’étude des Anciens ; leurs idées lui étoient fi familières, qu’elles fe préfentoient à lui fur toutes fortes de fujets.. Par l’ordre quelles prenoient dans fon efprit, il fem- bloit quelles y étoient nées. Plufieurs articles de fes ouvrages ne font qu’un tiflii de paroles tirées de Platon, de Diogene LAERCE,de Plutarque, d’Iso- crate , de Saluste , de Cicéron 5 les anciens Médecins Sc les anciens Chirurgiens partaient par fa bouche , leurs expreflîons fe préfentoient à fa mémoire „ quelque fujet qu’elle lui rappellât ; mais ces Auteurs, ne trouvoient pas dans fon efprit une admiration de