de la Chirurgie. 2,51
puiflent être placés au même rang; mais la Médecine a été bien plus ftérile que la Chirurgie : nul des Livres que la Faculté a produits n’eft; un guide aufli fur, n’a confervé autant de réputation 8c autant d’autorité. Tandis que les ouvrages des Médecins fe font perdus dans la pouffiere de l’Ecole, ce Livre d’AMBROisE Pare’ a pénétré dans les Pays étrangers, y a répandu les femences de la véritable Chirurgie, 8c y a fait éclore des fruits inconnus a lui-même ; enfin cet homme* illuftre a attiré par tout de grands génies fur fes traces ; ce font ces préceptes qui ont formé les Fabrice, les M archet 1 s, les Magatus, les Aquapendente, les Sultet, 8cc.
Ambroise Pare’ avoit, pour ainfi dire, formé une nouvelle Chirurgie : il fut parmi nous un véritable Légiflateur; enfin fes préceptes produifirent de grands hommes qui hâtèrent le progrès de notre Art. A côté de lui s’éleva Pigray: il fut fon difciple 8c fon rival ; mais malgré leur émulation, l’amitié 8c l’e- ftime les lièrent étroitement. Le Maître conduifit fur fes traces fon nouveau difciple, 8c lui ouvrit la carrière de la fortune ; tous deux éclairoient leur Art fins jaloufie 8c fins s’obfcurcir ; les talens de Pigray étoient aux yeux de Pare' des fruits qu’il avoit préparés; Pigray regardoit ce grand Maître comme la fource de fes lumières. Il femble, fi j’ofe le dire, que l’union de ces grands génies ait pafïe à leurs ouvrages; car les Ecrits de ces grands hommes fi unis, ont une liaifon qui ne permet pas de les féparer. Quoique fort diftérens par le volume 8c par la méthode, on les a joints toujours enfemble pour i’inftru&ion des.