24* Recherches sur l’origine dès qu’il y fut arrivé, le bruit de fon nom entraîna chez lui une foule de malades * ils accoururent de toute la France pour lui demander des fecours. Leurs efpérances n’étoient pas imaginaires, les maux les plus rébelles trouvèrent du remède entre les mains de ce grand Chirurgien.
Animé par les premiers fuccès, Hery confacra fa vie à la guérifon des maladies vénériennes, &; ces maladies ne furent pas ftériles pour lui : peu de Chirurgiens y ont trouvé les récompenfes que Hery y a trouvées. Elles lui donnèrent enfin plus de cinquante mille écus, fomme confidérable pour les Rois mêmes dans ce tems-là* mais cette haute fortune ne l’éblouit pas, elle ne lui communiqua point les vices qui la fui- vent, c’eft-à-dire.la hauteur & la dureté : au contraire, elle développa encore mieux dans cet homme illuftre fes qualités bienfaifantes. Il fut compâtiffant, tendre, ami fidèle3 fa reconnoiffance s’étendoit même fur les morts, s’il en faut croire une tradition aufïi ridicule que finguliére. On dit qu’étant allé à l’Eglife de S. Denis, il voulut voir d’abord le tombeau de Charles VIII. Après s’être arrêté quelque tems dans un morne filence devant ce monument, il fe mit à genoux, comme s’il eût été devant un objet de vénération ; ce mouvement de piété furprit ceux quiétoient autour de lui,ils s’imaginèrent qu’il rendoit à Charles VIII. le culte qu’on rend aux Saints. Un Religieux crut qu’il falloir défa- bufer cet homme (impie & crédule. Non, répondit Hery, je n’invoque pas ce Prince, je ne lui demande rien 3 mais il a apporté en France une maladie qui m’a comblé de richeffes 3 & pour un fi grand bienfait je lui