de la Chirurgie. 143

LEcole des Chirurgiens étoit la vraye fource de la Chirurgie ; cétoit dans cette Ecole que la théorie, unie à lexpérience, parloit par la bouche de nos Maîtres, Les lumières dont elle brilloit la rendoient formida­ble aux Médecins; il étoit à craindre qqe ces lumiè­res néblouiffent les Elèves des Barbiers ^ quelle ne leur montràflent le vuide des leçons des Médecins, quelles ne fi fient regarder de tels Profeffeurs comme des Maîtres formés par lintérêt, par la jaloufie, par la théorie fombre du cabinet, &non par des connoiflan- ces puifées dans lexercice de lArt. Pour écarter un pa­rallèle fi défavantageux,. pour sattacher les Barbiers,, pour conferver leur eflime, pour safiurer leur recon- noiffance, il étoit donc important pour les Médecins quils fuffent les feuls Maîtres de léducation des Bar­biers , que tous les Elèves de ces Artifans neuffent dautres guides que les préceptes de lEcole de la Fa­culté; auflî fut-ce fuivant ces idées que toute autre. Ecole fut interdite aux Barbiers; des promefles-mê­me affermies par un Contrat, ne furent pas capables de raffiner les Médecins ; leur crainte ôc leur jaloufie. exigèrent un ferment particulier. Par ce ferment les Barbiers sengagèrent a ne fuivre dautres leçons que. celle de la Faculté , cefl; - à - dire quils renonçoient aux feules lumières qui pouvoient les éclairer, puis­qu'ils renonçoient aux leçons du Collège de S. Louis-~ Cette précaution nétoit pas nouvelle ; les Médecins; avaient lié autrefois les Barbiers par un ferment, quils renouvelaient tous les ans ; ferment dont lob* jet étoit abfolument le même que celui dont nous ve­nons de parler, puifquavant le Contrat, ce ferment