136 Recherches sur lorigine

Enfin les décidons mêmes de la Faculté bornent les Barbiers (a) aux anciens ufages. En 1588. elle-

tant cette Sentence daprès Etien­ne Pasquier.

(a) La Faculté dûement affem- blée, & par le ferment à icelle, fuivant la coutume 8c chofes impor­tantes, pour délibérer fur une Re­quête préfèntée à icelle par les Maî­tres Barbiers , qui ont fait chef- dœuvre du métier de Barberie à Paris, tendante à ce que icelle Fa­culté eût à les avouer 8c reconnoî- tre pour vrais Barbiers, bons 8c fuffifans, plus à leur prêter aide 8c ré­confort,contre le tort 8c injure quils difènt que leur veulent faire les Maîtres & Profeffeurs en lArt & Science de Chirurgie Jurez en la Faculté de Chirurgie, a été conclu & arrêté ce qui senfuit :

La Faculté a eftimé la Requête à elle préfèntée par lefdits Barbiers contre les Maîtres Chirurgiens Ju­rez de ladite Ville de Paris, injufte 8c déraifonnable, non conforme aux Chartres des Rois Très-Chrétiens, ni aux privilèges quils ont oétroyés aufdits Maîtres Mires , Chirurgiens Jurez à Paris, ni aux anciens Sta­tuts dicelle Faculté qui les a ja­mais reconnus autres que Barbiers, leur a dénié faveur §c adjonction en une caufè fi injufte. Davantage fui­vant le commun confèntement de tous les Doéteurs, promet porter témoignage toutes & quantes fois que requifè elle en fera, comme les Barbiers de tous tems font les Mi- niftres fidelles, & feurs en toutes œuvres du métier de Barberie, 8c comme journellement ils appren­

nent fous les autres de leur métier 8c non ailleurs, tout ce qui appar­tient à ladite Barberie, 8c quainfi ne foit, ne peuvent faire anatomie ni démonftration publiques des corps'humains, comme font en lan­gage Latin lefdits Maîtres Jurez, 8c ce en la préfence de tous 8c après le récit général defdits Doéleurs ; ne peuvent exercer nulle œuvre de Chirurgie, bien de Barberie; ne peuvent, que à grand peine lefdits Barbiers, combien que cela foit de leur métier, ouvrir veines 8c artè­res; ne peuvent appliquer le trépan pour ouvrir les têtes fraéturées ; ne peuvent ouvrir la poitrine & apoftu- mes dicelle, encore moins les hy­dropiques , foit par incifion, foit par cautères, félon quil eft trouvé bon, par les Maîtres Chirurgiens Jurez, aufquels ces opérations appartien­nent , 8c non aux autres ; ne peuvent lefdits Barbiers, comme les fufdits Chirurgiens en la Faculté de Chi­rurgie réduire les os en leur place 8c diflocations, réunir 8c réfoudre les os rompus, lier les vaiffeaux 8c fiftules, tirer les enfans morts 8c vifs fans le péril de la mere. Bref né­tant que Barbiers, ne peuvent être appellés Chirurgiens , pour ce que dextrement ils nopérent tous œu­vres & opérations manueles au con­fèntement defdits Médecins 8c Chi­rurgiens , au proufit 8c foulagement des pauvres malades. Le tout con- fideré, ladite Faculté , attendu que J réellement ils font Barbiers, 8c non \ Chirurgiens, 8c quil y a Réglement

clare