de la Chirurgie. 135

les termes du Contrat , ces Codeurs navaient dau­tre droit que celui douvrir leurs Ecoles, dy attendre les Barbiers leurs difciples, de leur parler en langage vulgaire, contre les loix de lUniverfité 6c contre les promeffes faites aux Chirurgiens.

Le lieu lon pouvoit inftruire les Barbiers étoit donc lEcole de la Médecine : mais dans cette Ecole quelles inftrudions devoient-ils recevoir? Devoient r ils écouter les vains fyftêmes de leurs Profeffeurs ? Etoient-ils obligés de donner leur tems à des difcuf- lîons étrangères à leur état (a)} Non fans doute : par

(a) Les Médecins eux-mêmes nont pas cru que les Barbiers duft lent alfifter à des leçons étrangères aux fondions de leur état; car en 1 6 o 7. la Faculté a intenté un Procès à un Médecin qui avoit fait aux Bar­biers des ledures fur cette queftion, Içavoir fi la reipiration eft libre ou non. i*. Une telle queftion ap- partenoit de droit aux Médecins & aux Chirurgiens : aux Chirurgiens, dis-je, lelquels dans plufieurs cas ne peuvent entreprendre dopérer, quils ne fçachent que les malades font maîtres de leur refpiration juf- quà un certain degré; car la plupart des opérations qui fe font à la tête, ou à la poitrine, ou au bas-ventre, exigent abfolument cette connoil- fance. 2°. Comme cette queftion navoit point de rapport avec les fonctions des Barbiers, ce fut avec raifon que les Médecins sélevèrent contre eux pour quon leur fît- fenfes dagiter de femblables quef- tions. }°. Sur ces demandes M. F Avocat Général Servin, qui ne

voyoit qu T un exercice purement manuel dans les fondions des Bar­biers , prononça dans fes Condu­irons , que ta fcience n'eft pour ceux qui n'ont que la main. q.°. Sur ces: Conclufions le Parlement condam­ne les leçons faites aux Barbiers fur la liberté de la refpiration ; & pour prévenir de femblables leçons, or­donne que la Faculté refondra qu& jint Chirurgien y ceft-à-dire quelles font en particulier les choies chirur- giques que les loix ont permis en général aux Barbiers. 5*. Il enjoint à la Faculté de preferire aux Pro- felfeurs quelle donnera aux Bar­biers, ce que cesProfejfeurs doivent en- feigner fur ces choies chirurgiques* 6°. Mais la Faculté, loin de fuivre les vûes du Parlement, prit de cet Arrêt occafion de permettre aux Médecins denlèignerprefqne toute la Chirurgie aux Barbiers> afin de ruiner cet Art. On voit cette permifi- lion dans le Décret qui eft à la fuite du dixiéme article, pag. 3 6. dans laddition faite aux anciens Statuts