de la Chirurgie. ïiï

malheureux. D’un côté Ton voit les Barbiers poulies par l’ambition, révoltés contre leurs Maîtres, ufur- pateurs des droits de notre Art, ligués avec la Faculté de Médecine pour foutenir leur injuftice, devenus finftrument de la haine de tous les Médecins contre la Chirurgie} d’un autre côté on trouve les Chirur­giens entièrement livrés à leur profeffion, ennemis du trouble, obligés à regret de repouffer l’injuftice Ôc la jaloufie, dilpofés en tous tems à facrifier à l’amour de la paix une partie de leurs intérêts. Entre ces deux Corps paroiuent les Médecins, défenfeurs intéreffés des Barbiers, avides de la fortune des Chirurgiens > jaloux de leur réputation, toujours prêts, pour les dé­pouiller, à s’engager fourdement Ôc fous des prétextes frivoles en des entreprifes injufles , forcés fou vent par la honte à déiavouer leurs démarches, modérés en apparence, quand leurs premières tentatives font expofées au jour, obftinés enfuite a les défendre Se à les multiplier (a). Ce font donc les Médecins qui font

(4) Pour mieux voir, comme dans un Tableau racourci, l’efprit qui les anime, on n’a qu’à fe repré- fenter l’injuftice de leurs dernieres prétentions : ils veulent adopter les Barbiers à des conditions dures, ils prétendent leur ouvrir des écoles de Médecine, comme à des manœu­vres qui travaillent aux diflè&ions fous les yeux des Doéteurs; cette ufurpation anatomique auroit ren- verfé l’ordre établi, elle étoit con­traire aux Edits des Princes, aux loix des Magiftrats, aux coutumes reçues; car, qu’il me foit permis de le dire encore, l’anatomie qui avoit |

toujours été l’ouvrage des Méde­cins-Chirurgiens , qui étoit leur pre­mier objet, leur droit primitif, le fondement de leurs opérations, le principe de leur fcience, l’anatomie,, dis-je, qui par tant de titres n’eft foumife qu’à leurs mains, on veut la tranfporter à des hommes defti- nés aux ouvrages les plus vils, & tout méchaniques; on auroit ref- pe&é les droits d’une fociété de Marchands ou dartifans, mais on ofe tenter de renverfêr l’ordre de la Chirurgie, de s’approprier fes fonc­tions , de les diftribuer par caprice* par intérêt, par vanité.