de la Chirurgie. 107

nauroient infpiré aux Barbiers que plus de hardiefle èc de témérité. Non-feulement ces connoiffances nauroient été pour eux quun ornement déplacé, elles euffent été encore détournées de leur fource i car puifque le Collège des Chirurgiens en étoit dépofi- taire, tout partage aurait blefle fes droits, comme nous lavons déjà remarqué. Il eft donc évident que les exercices anatomiques tranfportés chez les Barbiers nauroient été utiles quaux Médecins (a) -, par de telles leçons ils auroient oppofé école à école, ôc ils auroient préparé des fecours fpécieux pour ruiner les Chirur­giens \ ils fentoient bien quen livrant lanatomie aux Barbiers, ils leur livroient les fbndemens de la Chi­rurgie, &: la Chirurgie même : ce fut donc avec jufticc que les Magiftrats ne permirent aux Médecins de faire de leçons que dans leurs écoles.

Mais les reffources de la Faculté ne furent pas épui- fées. Pour confoler les Barbiers, les Médecins leur ouvrirent les portes de leur Amphiteâtre > ils permi­rent encore à un Doéteur de leur expliquer quelques Livres de Chirurgie, ils ordonnèrent feulement que ces explications fe fiftent en latin (b ) 3 ceft-à-dire en

(a) Il y a encore aujourdhui trois cens Barbiers en Boutique ou en Chambre , qui égratignent nô­tre Chirurgie ; il y a des Médecins de la Faculté qui eflayent à tort & à travers dy gagner leur vie, Re- gijlre M. pag. 41.

(b) Le dix-huitiéme Oélobre 1499. fur autre Requête préfen- tée par les Barbiers, il eft permis par la Faculté de leur lire tous les Livres de la Chirurgie ; Dummodo

id fier et fermone latino, & non alias , cum Magtfiri non foleant aliter Libros fuos legere , Pasquier , pag. 869. Ibidem.

Quon compare cette démarche avec celle que firent dabord les Mé­decins , lorsquils permirent à quel­ques Doéleurs de faire aux Bar­biers des Leçons en François ; cette permiffion eft condamnée par le Decret que nous rapportons ici , puifque ceft en Latin feulement

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