îoz Recherches sur lorigine

La honte ou la crainte arrêtèrent encore les projets des Médecins ; leurs prétentions, fans doute, nétoient pas biens établies; depuis plusieurs années ils ne ména- geoient plus la Chirurgie, ils tâchoient de la dépouil­ler par leurs intrigues. Si leurs prétentions euffent été jiiftes, ils les auroient foutenues avec hardiefle, mais malgré leur haine ôe leur ambition, ils -noferent fe refufer aux juftes demandes des Chirurgiens*, les re­montrances dont nous venons de parler furent donc un frein pour eux, ils déclarèrent publiquement quils fufpendroient leurs leçons; mais au fond ils ne renon­cèrent pas à leurs projets, au contraire ils les fuivirent avec plus dardeur. Ces projets avoient été cachés dans le commencement; lintérêt qui animoit la Faculté nétoit connu que par des bruits fourds : les leçons des Médecins étoient, félon leur aveu même, des leçons furtives * ils les juftifioient dabord par quelques ex- cufes frivoles, cétoit la prudence qui les avoit, di- foient-ils, infpirées*, on ne vouloit que prévenir ou écarter des Maîtres étrangers; il auroit été fâcheux, ajoutoient-ils, que dautres que des Médecins de Paris fe fuffent chargés de ces leçons. Ces excufes étoient encore colorées dun zélé prétendu; on trouvoit dans lignorance des Barbiers la néceffité de les inftruire ; cette ignorance étoit bien réelle, mais elle nétoit quun prétexte artificieux ; les Médecins vouloient feulement éblouir le Public. Dans les premiers troubles ils na- voient cherché que des occafions pour en exciter de nouveaux (^); ils vouloient sériger en Maîtres, & par

(b) On voit par toutes les de- j J lent dominer, quils veulent décider anaixhes des Médecins, quils veu- j | de tout chez les Malades, les Chi-