de la Chirurgie. 25
toujours à leur devoir. En 1301. une Sentence les fournit aux examens des Chirurgiens ; après ces épreuves , on ne leur donnoit, pour ainfî dire, d’autre per- miffion que d’arrêter le fang dans les blefiures, jufqu a ce qu’on eut appelle des fecours plus efficaces. Ceux qui n’obfervoient pas les réglemens détaillés dans cette Sentence , étoient condamnés à des peines corporeL- les de à des amendes. Voilà donc les Chirurgiens déclarés feuls Juges de Maîtres des Barbiers fous le régné de Philippe le Bel.
Les Barbiers ne cédèrent jamais qu’a regret. Malgré les loix qui les condamnoient , ils crurent toujours que les inftrumens que leur métier leur mettoit entre les mains étoient deftinés à la guérifon du corps; leur nombre les foutint, les apparences d’une utilité prétendue leur donnèrent des défenfèurs ; le crédit du premier Barbier du Roy les rendoit plus, hardis, il étoit leur Chef; pour s’élever lui-même il vouloir les * tirer de l’obfcurité où ils étoient, du mépris qu’ils méritoient. Ce mépris étoit inféparable de leurs vils exercices ; pour le diminuer un peu, il falloit trouver un déguifement ou un relief en d’autres occupations, de ce fut dans notre Art qu’ils le cherchèrent ; mais cet Art étoit pour eux un Art étranger; les fondions Chirurgiques dont ils étoient chargés quelquefois, je veus dire les faignées de quelques panfemens groffiers, n’étoient que des opérations empruntées entre leurs mains ; les Barbiers ne les dévoient même, comme nous l’avons dit, qu’à un ufage réglé par le College de S. Côme ; il s’agiffoit donc de s’approprier ces opérations, de changer une fubordination néceflàire en un