*>i Recherches sur l’origine dès qu’ils travailloient avec des Chirurgiens *, alors ils n’exécutoient plus que les ordres de leurs Maîtres, ils les fervoient, ils préparoient les appareils, ils nétoyoienE les parties malades, c’eft-à-dire qu’ils étoient des in- ftrumens qui n’agifloient que par des impreflions étran­gères.

Cette foumiffion paroiffoit un joug infuportable à la vanité des Barbiers * ils fe renfermoient rarement dans les bornes qui leur étoient prefcrites (a). Comme les loix aufquelles on les avoit affujettis étoient un frein trop foible, elles ne leur ôtoient que l’exercice public de la Chirurgie } ils s’érigeoient hardiment en Chirur­giens , ils fe chargeoient furtivement des maladies les plus graves {b), mais les Magiftrats les ramenoient

inChirurgia Magiftrijurarunt. (Pas- quier Liv. 5>. chap. $ 2. ) c’eft-à- dire que le Barbier étoit avec le Chirurgien la première ou la leçon- ’ de fois ; ce Chirurgien vifitoit ce malade, il permettoit au Barbier de lever Ion appareil ; mais enfuite tout appartenoit au Chirurgien, ou tout etoit fournis à fa direction.

{a) Dès l’année 1301. les Bar­biers voulurent exercer quelque partie de la Chirurgie. Cela paroît par les défenlès qui leur furent faites alo;s : tant y a, dit Pasquier, que cela témoigne que dès lors il y avoit des Barbiers qui vouloient s’en faire accroire.... Dans une Ordonnance de Charles V. il eft dit, que prefque tous s*entremettent du fait de Surur-

(b) Il eft conftant par nos Regift très que le métier de Barbier avoit toujours été une lource de délbr- dresj les Chirurgiens repréfente-

rent aux Etats qui fe tinrent en la Salle de Bourbon en 1614. les défordres que caulbient les Barbiers depuis plujieurs fiécles. Henry de Mesmes Député du tiers Etat fut chargé des repréfentations des Chi­rurgiens ; on s’éleva contre des Em * pyriques qui vouloient pratiquer icelu't Art de Chirurgie, d’où advient , di- (oit-on, que plujieurs meurent entre les mains de ces empyriques Barbiers. N'étan Jurés wiGraduez au College , on demanda que les Barbiers fe con­tinrent dans les bornes de leur métier , on le plaignit de ce que chaque Bar­bier penfoit les verole’s, & puis alloient laver le vif âge d’un chacun*, on en appelle aux fondions du pre­mier Barbier, lequel ne faifoit que peigner Sa Majeflé , lui rogner les on­gle s, l’ajfi( 1 er quand Elle fe vouloit bai­gner fans 0 fer manier onguents. Remon­trances du Collège des Chirurgiens,, Vol. 3.pag. 82,