88 Recherches sur l’origine
Mais ce fut en vain que les Médecins voulurent ctendre fur les Chirurgiens les droits de l’Univerfité (a) j ces droits qu’ils réclamoient n’étoient que des prétentions de la vanité on de l’avidité. Les Coutumes s’oppofoient à l’ufurpation qu’ils méditoient. Ils tentèrent donc fourdenVent ce qu’ils ne purent entreprendre félon les loix ; ils employèrent jufqu’i la léduélion pour fufciter aux Chirurgiens des ennemis domeftiques. Ils trouvèrent fans peine ces ennemis dans un Corps qui étoit dépendant de la Chirurgie, comme nous le prouverons.
Les Barbiers étoient alors nombreux ( b ), les ufiges de ces tems les rendoient néceffaires; les Chirurgiens (o) meme étendirent ces ufages ou ces abus. Pour
Bulle fut înife es archives des Médecins Phyjïciens , & depuis n’a été vue ; & indè odium y W ol. C. pag. 25. Mais cette méfîntelligence ou cette haine ne produifit aucune entrepri- fe, ou elle n éclata ouvertement, quelorfqueîes Médecins eurent obtenu du Cardinal d’ETOUTE ville la permidion de le marier, permil- lîon qui diminua leurs revenus & augmenta leurs befoins.
■{ a ) Les Médecins crurent, que parce que l’Univerfité avoit des droits fur ceux qui enfeignoient les ■ Arts, la Faculté de Médecine de- voit avoir les mêmes droits fur ceux qui profefïoient ou enfeignoient la Chirurgie. C’eft pour cela qu’ils ont toujours regardé leurs quereles, comme les quereles de l’Univerfité.
( b ) Les Barbiers n’ont pas été toujours également nombreux à Paris. En 13 o 1. il n’y en avoit que •singt-fix, du moins ne paroît-il pas
qu’il yen eût davantage par le premier monument qui parle d’eux,
& qui fe trouve au Livre blanc des Métiers de Paris; mais en 1364. il y en avoit quarante, comme il paroît par une Charte de Charles V. Ordonnance des Rois y Vol. 4. pag, 609. enfuite le nombre de ces Ouvriers devint conlîdérable.
(0 Voici les Ufages qui ont réglé en divers temps les fondions des Barbiers. 1 °. Originairement ils ne 1e mêloientprefqu’en rien de ce qui regarde la Chirurgie : on peut fe convaincre de cela par les défenfes qui leur furent faites en 1301. & ' dans lelquelles on ne leur permit que d’arrêter le fang des bleffés. ^ 5 Il paroît par ce que nous trouvons dans La n franc, que les Chirurgiens s’en fervirent pour faire laignées. 2®. Nos Regilires nous apprennent qu’ils portoient dans leurs Eafeignes des Buttes, des pei-
mieux