de la Chirurgie. 8i
dans tant de Plaidoyers écrits avec plus de hardiefle que d’équité.
La Société des Chirurgiens eft foumife, comme nous l’avons dit, aux mêmes loix que PUniverfîté; dès la fondation de leur Académie, dit M. deThou (a), les Chirurgiens eurent le droit de former un Collège, d’élever des Chaires, de nommer des Profefleurs publics. Les Médecins Physiciens virent fans jaloufie les premiers progrès de cet établiffement ; ils ne troublèrent point notre Société par leurs prétentions ; ils ne crurent pas qu’ils duflent être les Maîtres des Chirurgiens Licenciés *, ils ne s’arrogèrent pas le droit de leur faire des leçons dans l’Eglife de S. Jacques. Dans aucun des A êtes publics qui regardent la Chirurgie, il n’eft fait mention de la Médecine ni de ceux qui l’exerçoient. A ne confulter que ces Aébes on croiroit que la Faculté n’étoit pas encore fondée j au contraire nos anciens Maîtres paroîtroient les feuls dépofitaires de l’Art de guérir. On peut prouver du moins par ce filence fi confiant ôc fi général, que les Phyficiens reconnoifi- lbient les bornes de leur Profeffion*, la Chirurgie étoit un Art qu’ils ne fe permettoicnt point, ils l’abandon- noient à des hommes qui ne vouloient pas s’afiujettir
' (a) Voici ce qui eft rapporté dans l'Arrêt du Parlement de 1 5 8 1. De •Thou pour le Procureur Général, a dit que, a prima Academiæ institution E) les Chirurgiens , comme utiles & necejfaires au Public , mt eu jus CoLLEGii.dr qu’ils —fi font ajjemblés non feulement a Saint Corne , mais auffi aux Mathurins, où ils prennent licence <& congé défaire la Chirurgie ; toutefois Içs Chirurgiens ont
toujours été du Corps de VUniverftté ils ont été eftimés faire partie du Corps . de la Faculté de Médecine & uinji ont joui des Privilèges de l’UniverJïté . Tel eft le témoignage d’un des plus grands Magiftrats que la France ait produit; fon fufifrage eft d’un grand poids pour les Chirurgiens ; les Médecins aufquels il fut contraire ont dit en gémiflant, is nobis défait favor . ---
L