8o Recherches sur l'origine préfidentà tous les Aôtes, ce font eux feuls qui peu* vent aflembler les Chirurgiens pour décider des récep­tions 5 chaque éléve eft fournis à leurs examens 6c à leurs décifions.

Or, pour former un tel établiffement 6c pour le fou- mettre à de telles loix, Pitard nappelle pas les Mé­decins , ne leur demande pas leur confentement. Les Chartes ne parlent que de lui 6c des Prévôts fes pre­miers Officiersj elles ne difent rien des Médecins. Ce iVeft pas une feule Charte qui tranfporte tous les droits aux premiers Chirurgiens 6c au Prévôt, 6c qui en prive tous ceux qui pourroient les ufurper j il y a plus de dix Chartes copiées les unes fur les autres en divers fiecles, lefquelles confirment ces mêmes droits, les font publier, 6c en ajoutent toujours de nouveaux *, les Médecins étoient donc inconnus dans les exercices de la Chirurgie. Ils ne simaginoient pas que leur pré- fence fût néceffaire aux réceptions des Alpirans > ils ne pouvoient exiger ni fermens ni rétributions : les anciennes loix 6c les anciens ufages condamnent donc les prétentions ou les ufurpations que la Faculté ap­pelle aujourdhui des droits, 6c qui font expofées

fuccejfores in ejufmodt officio , baùebit Licenùa conce(fionem',non adalium vo- lumus pertinere , &c % Voilà donc Pi- tard leul Maître de la Chirurgie : il eft feulement obligé dappellerles autres Maîtres pour aflifter aux exa­mens. Mais les fondions de cette Charge devinrent trop onéreufes pour lui, la Cour netoit pas tou­jours à Paris, il falloit fuivre le Roy par-tout; ce fut dans cette néceflîté Âs séloigner de nos Ecoles f que

Pitard établit les Chirurgiens Ju­rés du Châtelet, lefquels furent fes Lieutenans; ils préfidérent aux ré­ceptions comme lui, mais ce fut fous fes aufpices, ou plûtôt fous fes loix. Enfin les difputes qui sélevè­rent entre ces Chirurgiens & le Col­lège de S. Corne, ont obligé nos Rois à rétablir lancien ufàge. La Chirurgie ne reconnoît pour Chef que le premier Chirurgien dans tou­te létendue du Royaume.

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