de la Chirurgie. £5

paix ne produit fbuvent que l’inaétion de Pefpric & l’in- dolbnce : auili nos premiers progrès ne font-ils que le fruit de nos divifions. La réunion même des fentimens eft née de la variété des opinions* les difputes fixèrent les efprits en leur montrant le faux & le vrai il eft certain du moins qu’elles excitèrent l'émulation. Les divers partis, animés par la jaloufie 6é par l’intérêt, inf truifirent leurs éleves avec plus de foin. Tous ces ef­forts méritèrent l’attention des Sçavans, 6c attirèrent dans nos écoles les Nations étrangères. Ainfi dans fes commencemens la Société de Chirurgie fut une Société brillante ; fes progrès répandirent même de nouvelles lumières dans la Médecine interne que les Chirurgiens n’avoient pas abandonnée.

Les Phyficiens qui dédaignoient, ou plutôt qui igno- roient la Chirurgie, ne dédaignoient pas les leçons des Chirurgiens. Jean de Passavant [a) engagea un de

(4) Voici le jugement de Guy de Chaulï ac fur toutes ces Seétes: L'un ne dit que ce que l'autre a dit f je ne fçaiJî c'efl par crainte ou par amour i qu'ils ne daignent ouir que cbofes ac­coutumées & prouvées par autorité ... Les Se&aires attachés à leurs Maî­tres , ont été bien plus remarqua­bles dans la Médecine, par leur opiniâtreté & par leur fourmilion aveugle. Mais les Médecins ont mé­rité le reproche de Guy de Chau- liàc bien plus long-tems que les Chirurgiens ; cet Auteur lui-même n’en mérite guéres moins que les autres : c’eft un Ecrivain dont le fond propre étoit fort ftérile; en di- lant ce que nous venons de rappor­ter , il s’élève contre la Médecine plutôt que contre la Chirurgie pro­

prement dite. Elle s’eft dégagée du joug de l’autorité long-tems avant que les Phyficiens eulfent reconnu d’autres Maîtres que les Ecrits des Anciens. Ce qui eft de certain, c’eft que la Médecine a porté des dilfen- fions parmi nos premiers Maîtres; mais dès qu’ils ont connu le ridicule & le danger des difputes poulfées trop loin, ils les ont éteintes parmi eux ; ils ont feulement propofé leurs difficultés, & tous ont concouru à les réfoudre par leurs recherches. Les premières dilputesfont pardon­nables; l’obfcurité produit l’incer­titude & la diflenfion ; l’amour de la vérité réunit les efprits, & elle les ramène tous aux objets les plusuti- | les & les plusfenfibles,

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