de la Chirurgie. 57

tions de ces ouvrages quils voyoient de qu'ils exa- minoient les maladies pour lefqnelles on les conful- toit ; mais les Chirurgiens cherchoient des lumières dans les maladies mêmes, dans les ouverture^ des cadavres, dans les opérations.' De tels garants de la capacité des Chirurgiens étoient bien moins fuf- pe&s que ceux de nos Phyficiens ; car ces préten­dus Médecins jugeoient des maladies fur des rap­ports infidèles faits par des ignorans, de fur linfpe- dion des urines, c eft-à-dire quils déctdoient du fort des malades le bandeau fur les yeux, puifquils ne voyoient pas les maladies. Il ne manquoit au ridi­cule dune telle Médecine quun ufàge que vouloit établir lAuteur dun Arrêt quon attribue a Henrÿ II. (a) de qui ordonne aux Médecins de goûter les ex- cremens des malades,

La Cour de la Ville paroilfoient ne pas ignorer le foible de cet art, ou plutôt de ceux qui le pro-

( a ) Rien neft plus fingulier que le Réglement quon attri­bue à Henry II. Nous trouvons ces mots dans lArrêt 209. » Que » lur les plaintes des héritiers des » perfonnes décédées par la faute » des Médecins , il en fera in- formé & rendu juftice comme | 33 de tous autres homicides : &

33 feront les Médecins mercé- » naires tenus de goûter les ex- » crémens de leurs patiens , &

33 leur impartir toute autre folli- » citude ; autrement feront- » putes avoir été caufe de leud

33 mort & décès. « Le prélude de cet Arrêt nétoit pas plus fa­vorable aux Médecins ; il portoit que 3> la couleur bleuë ou ceru- 33 lée étoit pour les Médecins, 33 qui eft une couleur funefte à 33 à eux attribuée , pour ce que 33 ordinairement ils font plus mou- 33 rir de gens quils nen fauvent.: 33 le pauvre Patient prenant 33 fouvent, par lordonnance, un >3 remède pour lautre , augmea- 33 te fon mal , & en perd la vie ; 33 & derechef on dit que la terre 33 couvre les fautes des Médecins.

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