54 Recherches sur lorigine Sc aux réglemens de Pitard> nous navons d'autres témoignages de Ton mérite que fa réputation*,nous fca- vons feulement quil ne la devoit pas uniquement au Jugement incertain du Public ; lesMaîtres de lArt,feuls Juges du mérite des Chirurgiens, lont appuyé de leur approbation. Il fut fi fameux, que dans la fuite fon nom feul annonçoit un grand Chirurgien. Sil en faut croire- quelques Ecrivains, ce nom devint nom général de ceux qui cultivoient la Chirurgie. Le Public crut quil devoit trouver le Myre dans chaque Chirurgien: pour animer nos Maîtres à marcher fur les traces de ce grand homme, on changea leur nom ordinaire ; tous furent appelles Mires ou Maîtres Mires . Enfin la Chi­

li vient enfin à Robert le Mire , & il dit, Robertus le Mire expertïffimus Cbirurgus , tantam de Je famam reliquit& nominisfui commen- dationem,videlicet JoanneMirOî Gratiano , Ægidio & Niço­is AO fubfequentibus , ita claruit , ut omnes Cbirurgi Arte fu a célébrésMa- giflroritm Myrorum nomine fuerint infigniti. Fane ergo & perperam non- nulli rerum Gallïcarum inquijttores , aiunt nomen hoc omnibus G allia Chi- rurgisper aliquod tempus impofitum t à MyRRH kjemedio vulneribus congrue , füijfe derivatum , in opinionis fua ar­gument um folam vocabuli confonan- tiam proferre valentes. Le fentiment de M. de V A u x ne peut pas Te foutenir , parce que les Médecins- Chirurgiens sappelloient Myres plufieurs fiécles avant celui vi- voit Robert. Il y a plus dappa­rence que Robert a eu le nom de Myre, à caufe de profeflîon ; car dans ce tems - le furnom fe

prenoit ordinairement de létat*©ti du pays,ou des qualités des perfon- nes.

On ne connoît pas lorigine du nom de Myre. Quelques-uns le font dériver du mot Myrrhe , qui fignifie parfums. Mais ces deux mots sécrivent fi différemment , quil ny a pas dapparence que lun foit pris de lautre. Dautres le font venir du mot Arabe Emyr , ou ce qui eft à peu près la même chofe , de lancien mot françois M y r , en latin , Myrus , parce que le merveilleux de lart de guérir fai- foit regarder les Médecins - Chi­rurgiens comme des hommes re­commandables. En effet, les Mé­decins-Chirurgiens étoient ancien-' nement qualifiés de Prudhom­mes , DHOMMES DE GRAND ETAT,

comme on le voit dans une Charte de Philippe de Valois , & dans deux Chartes de Charles V, Voyez ci-après , pag. 454.