32, Recherches sur lorigine . des .routes nouvelles. Ce quon peut dire de moins défivantageux de nos anciens Médecins, ceft quils nont laiffé prefque aucun vertige de leur fçavoir ni de leur ignorance ; que les grandes places qui avoient été occupées par des Moines ou par des Juifs, (a) fu­rent remplies par des Médecins étrangers, Sc que juf quau quinziéme fiécle on ne connoit le nom de la Faculté que par fes dilputes avec les Chirurgiens.

Dans ces rems la Médecine des Phyficiens étoit li obfcure, notre Art avoit quelque éclat. Il paroît mê­me que dans tous les lieux la Chirurgie avoit entiè­rement effacé la Médecine ; Albucasis avec un génie heureux &: hardi, renouvella la Chirurgie par­mi les Arabes. Le nom de ce grand Chirurgien attira bien-tôt ( b) fes ouvrages en Italie : il fut le modèle

( a ) Vers la fin fur-tout du di­xième fiecle , on ne pouvoir, dit 3 VI. Freind , avoir des Traducteurs d Hippocrate & de Galien ; les Juifs qui entendoient la Langue Arabe, furent les principaux Méde­cins en Europe 3 quelques Papes même les retinrent à leur fervice. Les Juifs de cette profeflion sé- toient aufli infinués dans les Palais des Rois Maures en Efpagne. Lé­tude de la Médecine étoit parmi eux une étude nationale. Freind , Hiftoire de la Médecine , pag. ni. Aux Juifs fuccederent les Moines qui leur difputerent la Médecine, qui sen emparerent malgré les Décrets du Concile de Tours : les .Moines, dit M. Freind, trouvè­rent le m-oyen déluder ces Décrets. Au refte nous voyons dans notre JHiftoire beaucoup de Moines Mé­

decins après ce Concile, & ils ont occupé les premières places de la Médecine auprès de nos Rois. En­fin, après linftitution de la Faculté de Paris, nous trouvons des pre­miers Médecins qui ne lui apparte- noient point. Ainfi les places nont été remplies que par des Médecins étrangers à cette Faculté.

O) On a placé généralement cet Auteur vers lan 1085. & jignore pourquoi, dit Je Doéteur Freind il y a au contraire, ajoute-til, quel­que lieu de juger, quil nefl: pas fi ancien ; car en traitant des playes il décrit les flèches des Turcs, nation qui na fait figure que vers le dou­zième fiecle. De plus, il dit que de (on tems la Chirurgie étoit prefque oubliée ; enfbrte quil ne refloit prefque pas de traces de cet Art: or il senfuit de-l.à quil a vécu long-