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x8 Recherches sur l’origine pas rejaillir fur ceux qui font couler le fang pour en conferver la fource. Cependant le préjugé les a regardés comme des hommes cruels : l’Univerfité, fille de l’Eglife , eft entrée fans raifon dans cesfentimens, lorf- que tous fes Membres étoient Clercs. Peut-être que cette horreur du fang ferma d’abord à tous les Médecins l’entrée de l’Univerfité j du moins a-t’elle dans les fuites interdit la Médecine aux Ecclefiaftiques. Mais (a) enfin on a trouvé un ménagement pour leur permettre cet Art fi éloigné de leur état, on a crû que le confeil qui ne fouilloit pas les mains ne pouvoit pas imprimer une tache y ainfi les Médecins qui prefcri- voient feulement les faignéesaux malades, furent admis ; (b) les Chirurgiens qui étoient peut-être moins redoutables furent rebutés : c’eft donc feulement le fang verfé par leurs mains qui les a profcrits. Mais comme les Médecins ne furent pas dégradés par les difficultés- qui les empêchèrent d’abord d’entrer dans l’Univerfité, les Chirurgiens ne feront pas- avilis par une exclufion fuperftitieufe. Un vain fcrupule les- a féparés du Corps de l’Univerfitéy mais leur Art les égale aux hommes fçavans. Les loix ont placé en- fuite nos Maîtres à côté des Doéteurs, je veux dire quelles ont accordé les mêmes privilèges aux Chirur*
(a) C’eft ce que l’on peut conclure non -feulement du paftàge tiré du Livre de Pasquier , mais même des- Loix Eccléfiaftiqties. L’Eglife n’a pas voulu que fesMi- niftres puffent être les inftrumens de la perte des hommes, ce qui eft inévitable au plus fçavant Méde-
(b) L’Eglife n’abhorre rien tant que le fang ; ce qui eft la caufe , dit Pasquier , pour laquelle le Médecin même ordonnant une faignéeà' fbn patient , fè donne bien garde d’y employer la main. Les Médecins de Paris ont toujours été fi fanguinaires, qu’ils méiitent bien mieux ce titre que les Chirurgiens*,.