de la Chirurgie; '2,7
(a) d’ailleurs ne pouvoit être douteufe que pour des efprits aveuglés par le préjugé.
Ce ne font donc pas des idées prifes du fond de la Chirurgie qui l’ont bannie d’abord de l’Univerfité; c’eft feulement un ancien préjugé qui a fait cette ex- clufion. Le fang a toujours effrayé l’Eglife, Ecclefia abhorret à fanguine : (b) cette frayeur eft naturelle, le fang porte avec lui une horreur qui nous faifit malgré nous : foit inftinét, foit foibleffe de l’enfance, ce n’eft que par des efforts redoublés fur nous-mêmes, que nous pouvons vaincre cette répugnance ou cette révolte que nous fentons à la vue du fang. Les Légifla- teurs pour mettre notre vie en fureté, ont fagement ^profité d’un fentiment qui eft une loy fecrette diélée par la nature. L’Eglifè a voulu nous rappeller a ce fentiment, par les Coutumes & par les régies aufquelles elle afîujettit fes Miniftres, le refpeét qu’on doit à la vie des hommes, des loix fages qui n’ont d’autre objet que notre confervation, excufent donc cette horreur du fang dans les Ecclefiaftiques, mais elle ne doit
( <0 C’eft l’autorité Royale qui diftribue les rangs d’honneurs parmi nous ; la même autorité a placé la Chirurgie parmi les Arts Libéraux ; de plus cet Art porte en lui - même , comme nous l’avons prouvé , tout ce qui peut former un Art digne des mains les plus nobles. Il y a beaucoup de monu- mens qui en conftatent la dignité ; mais un des témoignages les plus édatans de cette dignité, fe trouve dans les Lettres Patentes de Henry IV. lefquelles en 1604. déclarèrent que la Chirurgie eft une
fcience qui a toujours été au nombre des Arts Libéraux. Reg. E . pag. 160. en parchemin.
(b) Partant, dit Pàsquier, pag, 87 3. lemble y avoir grande raifon d’aggréger au Corps de l’Univerfité le Chirurgien tout ainfi que le Médecin , n’y ayant rien qui l’en ait ci - devant forclos, que la cruauté que l’on eftime le trouver en l’exercice de fon état ; & comme l’Eglile n’abhorre rien tant que le fang, aufll ne fait l’Univerfité fa fille par fon premier inftitut.
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