Ij. R E C HJF. R C H E S SUR L’ORIGINE
ces Arcs qui appartiennent plutôt à l’efprit qu’aux fens; ces Arts, dis-je, honorent ceux qui les cultivent, ôc qui les enrichiflent. Ce font de tels privilèges qui ont ennobli les opérations des Géomètres, des Archite- 6tes, des Sculpteurs, des Peintres, desChimiftes. Ces travaux heureux de la main, je veux dire les travaux de ces Artiftes, font bien plus eftimable que les fpé- culations ftériles des Philofophes; leurs ouvrages les plus vantés que l’opinion a rendus fi célébrés, il faut Lavouer à la honte de la raifon, ne font prefque jamais que des écarts de l’imagination. Pourraient-ils donc être préférés aux ouvrages de ces hommes dont les mains fuivent des régies toujours tracées par le génie, dont l’induftrie éclairée a ménagé tant de ref- iources à nos befoins, dont les inventions préfentent tant d’attraits à notre curiofité, dont l’adreffe imite la nature en l’embelliffànt, dont les recherches la dévoilent elle-même par des expériences réitérées * comparées, ramenées à des principes }
Or de tous les Arts qui font les plus dignes de notre eftime,il n’en eft aucun qui mérite plus de privilèges que la Chirurgie. Ce ferait avouer une ignorance grofiiere, que davancer quelle ne demande que Ladreffe des mains. La Chirurgie exige des connoiffan- ces curietifes ôc intérelfanres qui lui fervent de bafe> elle établit des principes qui naijfifent d’un long enchaînement de vérités. L’application de ces connoif- fimees ôc de ces préceptes, eft auflî variée que les maladies mêmes ôc leurs accidens. C’eft donc l’efprit ôc la raifon la plus éclairée qui dominent dans notre Art, ôc qui en font les fondemens.
Parmi