de la Chirurgie , 1 i|
Parmi les connoiflances les plus curieufes 8c les plus intéreffantes qui font la bafe de la Chirurgie, & qui ennobliffent le plus cet Art fi utile, la connoiffance de laftructure des parties du corps humain, de leurs ufa- ges, de leurs mouvemens, tient fans doute le premier rang. Or fi l’Anatomie feule honore ceux qui la cultivent ; fi les Médecins, qui en vrais Chirurgiens, n’ont pas dédaigné quelquefois cet ouvrage des mains, ont donné du luftre à leur nom , la Chirurgie peut-elle avilir ceux qui l’exercent? Ne feroit-ce pas un con- trafte bifarre, que les différions des cadavres fuffent une occupation honorable, 8c que les opérations faites avec une induftrie toujours nouvelle fur les corps vivans, pour les conferver, fulfent des travaux dignes de mépris ? La raifon pourroit - elle nous perfuader quel’Anatomie eut plus de privilèges, que l’ufage toujours éclairé, toujours varié, auquel elle eft deftinée dans la Chirurgie?
Ce n’eft pas feulement cet ufàge qui relève le -mérite de la Chirurgie : elle eft féconde en préceptes lumineux qui réfultent d’un affemblage de vérités phy- fiques; ces préceptes * fruits heureux du génie, font fondés fur les caufes des maladies, fur leurs rapports, fur la connoiffance des remèdes 8c de leur activité. Puifque nos maux font liés à toutes les Caufes qui nous environnent, l’Art qui combat ces caufes fi étendues, doit les embrafTer, & par conféquent doit pui- fer des principes dans toute la nature. Or fi l’étude de ces principes attire a ceux qui les développent l’eftime des efprits les plus dédaigneux, l’ufage infiniment difficile de ces mêmes principes, peut-il désho-