rai Recherches sur l'origine
Enfin ces idées injuftes des Médecins ont été effacées par des Médecins meme : ceux qui ont été les plus éclairés,font ceux qui fe font le plus rapprochés de la Chirurgie: il y en a eu parmi nos voifins, &: en France même* ( a ) qui ont réuni les deux Arts, fans croire fe dégrader. Cette union leur a donné une fupériorité qui honore la Chirurgie, puifqu’elle donne a la Médecine un brillant qu’elle ne peut tirer d’elle-même. L’eftime qu’on a pour eux juftifie ceux qui voudraient les fuivre. Ces grands exemples condamnent donc le préjugé ridicule qui ne voit que du méchanifme dans la Chirurgie.
Mais pour marquer fon rang a la Chirurgie, ne le -cherchons pas dans l’opinion ni dans l’exemple. Les ju- gemens les plus autorités ne font fouvent que des préjugés. Pour mieux faire fentir la vanité des idées des Médecins, appelions en a la raifon; prenons pour Juge un fage Magiftrat ou un Légiflateur -, expolons-lui d’abord la néceffité de la Chirurgie, les dangers preffans des bleffures, de la pierre, des hernies, ôe les fecours que ces maux trouvent dans des mains habiles. Quoi ] pourroit-on lui dire, l’induflrie qui conduit les remèdes dans les lieux mêmes où eft caché le principe de la *vie, les connoiffances qui nous découvrent les déran-
( a) Suivant nos Regiftres, Vol.E. fag. 1^8. Meilleurs Le Febvre, -Botal , Rousset , le Geay , d’Amboise , étoient Maîtres dans les deux Arts. Au Vol. M. p. 1 03. a U marge : nous trouvons que M. Petit, premier Médecin de la Reine, avoit exerçé la Chirurgie; 'Henry le Grand l’avoit choifi pour fon premier Médecin, mais ce Doéteur refufa, dit-on,cette place.
Nous liions auilî dans plufieurs autres endroits de nos Mémoires, que M. Hfrouard , premier Médecin de Louis XIII. avoit été Chirurgien. Tout le monde fçait quec’efi la Chirurgie qui a méiité dans ces derniers temps à M. Chirac, qui cependant n’avoir pas exercé cet Art, comme ceux que nous venons de nommer, l’eilime des Chirurgiens, & la confiance du public.